La période Heian (1/3): histoire, religion, littérature et économie

La période Heian (平安時代) est la dernière période de l’Histoire japonaise classique et s’étend de 794 à 1185. Elle est considérée comme étant l’apogée de la cour impériale et est célèbre pour ses arts, plus spécifiquement sa poésie et sa littérature. Le mot « Heian » signifie « paix » en japonais.

Histoire

Fujiwara no Michinaga

Fujiwara no Michinaga

La période Heian est précédée par la période Nara. Elle commence en 794 après le déplacement de la capitale de la civilisation japonaise à Heiankyo, l’actuelle Kyoto, par le 50ème empereur, Kammu. La période Heian est considérée comme un sommet de la culture japonaise que les générations futures admireront. Elle est aussi importante car elle marque la montée en puissance de la classe des samouraï qui prendra finalement le pouvoir et fera entrer le Japon dans la période féodale.

Officiellement, l’empereur est le détenteur de la souveraineté mais, en pratique, le pouvoir était détenu par les nobles Fujiwara. Et, afin de protéger leurs intérêts dans les provinces, les Fujiwara et les autres familles nobles eurent de plus en plus besoin de gardes, forces de police et autres soldats. C’est ainsi que la classe des guerriers devint de plus en plus importante pendant la période Heian. Dès 939, Taira no Masakado menaça l’autorité du gouvernement central en prenant la tête d’une rébellion dans la province orientale d’Hitachi et, presqu’au même moment, Fujiwara no Sumitomo se rebella dans l’ouest. La prise de pouvoir par les militaires n’interviendrait cependant pas avant plusieurs siècles.

L’influence sur la cour de la classe des guerriers fut le résultat de la rébellion de Hogen (保元の乱). Taira Kiyomori remet au goût du jour l’ancienne pratique employée par les Fujiwara en plaçant son petit-fils sur le trône et en régnant à sa place en tant que régent. Ceci déclenche la guerre de Genpei, qu’il perd, et marque le début des shogunats et la fin de la période Heian. La période Kamakura commence donc en 1185 lorsque Minamoto no Yorimoto s’empare du pouvoir des empereurs et institue un bakufu, le shogunat Kamakura, à Kamakura.

Le développement du bouddhisme

Kukai, Kobo Daishi

Kukai, Kobo Daishi

Le bouddhisme commença à se répandre dans tout le Japon pendant la période Heian, principalement grâce à deux sectes ésotériques: la secte Tendai et la secte Shingon.

La secte Tendai a ses origines en Chine et privilégie l’étude du sutra du lotus, l’un des sutra les plus importants du bouddhisme mahayana. La secte Shingon est une secte japonaise dont l’enseignement est plus proche du bouddhisme Vajrayana, fondée par Kukai (aussi connu sous le nom de Kobo Daishi). Kukai fit grande impression sur les empereurs qui succédèrent à l’empereur Kammu (782~806), ainsi que sur des générations de japonais, non seulement par sa sainteté, mais aussi par sa poésie, sa calligraphie, sa peinture et ses sculptures.

L’empereur Kanmu, quant à lui, était un adepte important de la secte Tendai dont le pouvoir grandit considérablement lors des siècles suivants. De très proches relations se développèrent entre le complexe de monastères Tendai sur le mont Hiei et la cour impériale dans sa nouvelle capitale, au pied de cette montagne. En conséquence, la secte Tendai insista sur le profond respect envers l’empereur et la nation.

La période Heian vit aussi l’essor de la secte Jodo Shishu, fondée par Shinran.

La littérature de la période Heian

Scène du Dit du Genji, littérature japonaise

Scène du Dit du Genji, littérature japonaise

Bien que le chinois demeura la langue officielle lors de la période Heian à la cour impériale, l’introduction et la généralisation des kana entraîna une explosion de la littérature japonaise. Malgré le développement de plusieurs nouveaux genres littéraires comme les romans, les contes (monogatari) et les essais, la littérature n’était répandue qu’à la cour et parmi le clergé bouddhiste.

Les paroles de l’hymne national japonais actuel, « Kimi Ga Yo« , furent écrites durant la période Heian, ainsi que l’un des premiers romans en japonais, « le dit du Genji » par Murasaki Shikibu.

Sei Shonagon, contemporaine et rivale de Murasaki Shikibu, écrivit vers 990 Makura no soshi (Notes de chevet), qui est considéré comme une des œuvres majeures de la littérature japonaise et mondiale et parfois comme la première forme romancée. Le célèbre poème japonais connu sous le nom de Iroha fut aussi écrit durant la période Heian.

L’économie au cours de la période Heian

Bien que, d’un côté, la période Heian fut une période paix inhabituellement longue, elle affaiblit aussi le Japon économiquement et entraîna l’appauvrissement de toute la population à l’exception d’une minorité extrêmement réduite. L’aristocratie, bénéficiaire de la culture Heian, représentait environ 5.000 personnes sur une population totale de 5 millions. Une des raisons pour lesquelles les samourai purent s’emparer du pouvoir est que la classe noble dirigeante démontra son incompétence dans la gestion du Japon et de ses provinces.

Aux environs de l’an mille, le gouvernement ne savait plus comment frapper la monnaie qui disparaissait peu à peu. L’absence de la monnaie pour les échanges économiques est mis en évidence de manière implicite dans les romans de l’époque où, par exemple, les messagers sont payés avec des objets utilitaires, comme, par exemple, un vieux kimono en soie, plutôt qu’en argent. Les dirigeants Fujiwara négligèrent de maintenir des forces de police suffisantes, qui laissèrent le champ libre aux voleurs pour détrousser les voyageurs. Ceci est encore présent implicitement dans les romans où les voyages de nuit terrifient les personnages principaux.

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