5 samouraï qui ont marqué l'histoire du japon
Vous savez sûrement que les samouraï étaient des guerriers hors norme. Ils sont notamment réputés pour leur bravoure et leur sens de l'honneur. Et parmi eux, certains ont particulièrement marqué l'histoire du Japon tant ils ont repoussé les limites de ces deux qualités.
Si l'histoire du Japon ne manque pas de héros dignes de ce nom, en voici 5 qui comptent parmi les plus grands. Et on commence avec l'un des tous premiers samouraï de l'histoire.
Minamoto no Yoshitsune: un samouraï peut en cacher un autre
Son nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, Yoshitsune est le samouraï le plus réputé de toute l'histoire du Japon féodal!
Il est issu d'un des quatre plus grands clans japonais, les Minamoto. L'histoire de ce clan est liée à celle d'un autre clan rival, les Taira.
Poussés par le fils de l'empereur Go-Shirakawa, ces deux clans vont s'affronter pendant 5 ans. Une guerre civile connue sous le nom de la guerre de Genpei.
A cette époque, Yoshitsune est déjà un samouraï hors pair. Il est notamment le seul à avoir vaincu le célèbre Benkei.
Ce dernier était un guerrier plutôt robuste, le genre qui impose le respect. Benkei s'était posté sur le pont Gojo à Kyoto, et s'était mis en tête d'affronter tous les guerriers qui voudraient le traverser pour récupérer leurs sabres.
On raconte qu'il en a ainsi gagné 999. Le millième guerrier à s'aventurer sur le pont était un jeune garçon qui jouait de la flûte. Benkei allait le laisser passer mais il s'est aperçu qu'il avait un sabre à la ceinture.
En fait, ce gamin n'était autre que Yoshitsune. Et avant même que Benkei n'ait pu dégainer, Yoshitsune était passé derrière lui et l'avait frappé. Vaincu, Benkei est alors devenu le compagnon de route inséparable de Yoshitsune. Ils ont donc enchaîné les batailles et surtout les victoires durant la guerre de Genpei.

Au final, les Taira furent vaincus par les Minamoto et c'est notamment l'ultime bataille, à Yashima, qui valut sa célébrité à Yoshitsune car il écrasa littéralement les restes de l'armée des Taira, entre autre grâce à un avantage stratégique puisqu'il avait réussi à capturer le fils héritier du clan Taira!
Ce n’est certes pas très glorieux, mais il faut se remettre dans le contexte et ce n'est rien à côté de toutes les trahisons et autres sacrifices qui jalonnent l'histoire des samouraï du Japon féodal! Et en parlant de trahison, l'histoire de Yoshitsune ne s'arrête pas là.
Après la guerre de Genpei, son frère aîné, Yorimoto, devenu shogun, influencé par un rival de Yoshitsune, commence à se méfier de celui-ci. A tel point qu'il décide de le faire assassiner.
Une véritable guerre fratricide s'engage alors au sein du clan Minamoto. Guerre qui se termine à Mutsu, dans les collines du sud de Kyoto où Yoshitsune doit finalement se retrancher, toujours avec son fidèle Benkei.
Malheureusement trahi par le seigneur du lieu, il est retrouvé par les armées de son frère et choisit de se faire seppuku plutôt que d'être tué. Lui et les siens auront néanmoins résisté vaillamment jusqu'au bout et la légende raconte que Benkei a affronté seul l'armée ennemie pour permettre à Yoshitsune d'accomplir son suicide rituel.
On dit aussi qu'il a continué à se battre, le corps transpercé de dizaines de flèches et qu'il est ainsi mort debout, les armes à la main.
Kusunoki Masashige: mourir pour l'empereur!
Kyoto a pendant très longtemps été la capitale du Japon, sauf durant une brève période et c’est justement celle-ci qui verra l'ascension de ce guerrier et stratège exceptionnel qu'est Kusunoki Masashige.
Il s'agit du shogunat dit "de Kamakura" qui conduira à une guerre civile connue sous le nom des troubles de Genko, entre 1331 et 1333.
Comme son nom l'indique, à ce moment-là, le shogun a pris le pouvoir et s'est installé à Kamakura.
L'empereur Go-Daigo est en exil mais décide de reprendre le pouvoir, avec l'aide notamment d'un de ses plus fidèles chef guerrier, Kusunoki Masashige. Celui-ci va notamment s'illustrer en reprenant deux forteresses pourtant très bien défendues, Akasaka et Chihaya.
Go-Daigo parvient à récupérer le pouvoir, et de fait, Kyoto redevient la capitale. Quant à Masashige, il est fait gouverneur de la province de Settsu.
L'histoire ne s'arrête pas là car l'empereur est trahi par un de ses généraux, Ashikaga Takauji, qui va lever une armée de samouraï contre l'empereur et contre Masashige. Il réussit même à reprendre Kyoto, très brièvement, car Masashige arrive et l'oblige à fuir vers l'ouest.
Takauji revient à la charge en 1336 et Masashige suggère à l'empereur d'aller se réfugier sur le mont Hiei et de laisser le champ libre à Takauji. Evidemment, il s'agit d'un piège car il compte ensuite fondre sur Kyoto avec son armée depuis la montagne pour écraser Takauji.
Sauf que l'empereur refuse de quitter la capitale et, au lieu de ça, il insiste pour que Masashige aille au devant des forces de Takauji pour l'affronter. Autant dire que c'est une mission suicide.
Masashige accepte, en connaissance de cause, par loyauté envers son empereur. Ce geste sera d'ailleurs considéré par la suite comme l'acte de loyauté ultime des samouraï.

La bataille qui s'ensuit, à Minatogawa, un lieu qui correspond à l'actuelle ville de Kobe, est un véritable massacre. L'armée de Masashige, nettement inférieure en nombre, se retrouve complètement encerclée et malgré une résistance farouche, finit par succomber.
Masashige aura notamment cette phrase restée célèbre au Japon: "Shichishô Hôkoku!" "Que n'ai-je sept vies à donner pour mon pays!".
Ce samouraï d'exception, mort pour l'empereur, deviendra plus tard un véritable héros patriotique au Japon, qui fut même élevé au rang de kami lors de la restauration Meiji. Il a d'ailleurs un sanctuaire qui lui est consacré à Kobe.
En outre, lors de la seconde guerre mondiale, Kusunoki Masashige était considéré par les kamikaze prêts à sacrifier leur vie pour l'empereur comme une sorte de père spirituel.
Takeda Shingen: le tigre du Kai
Les trois prochains samouraï dont nous allons parler ont vécu durant une période charnière de l’histoire japonaise: le Sengoku Jidai (1473 – 1615), la période Sengoku.
Commençons par celui qui est sûrement le plus célèbre d'entre eux, le redoutable et redouté Takeda Shingen.
Celui-ci gagne ses premier galons en remportant la bataille de Un no Kuchi en 1536. Il est alors âgé de 15 ans à peine.
A peine 4 ans plus tard, il fomente un coup d'état contre son propre père, Takeda Nobutora et expédie celui-ci en exil chez son beau-frère et allié, le chef du clan Imagawa, dans la province de Suruga.
Il existe en effet une alliance entre trois clans: les Takeda, les Imagawa et les Hojo. Une sorte de pacte de non agression pourrait-on dire. Ce qui aura d’ailleurs son importance. Et avant d'aller plus loin, il va falloir faire un rapide point géographie. C’est nécessaire afin de bien comprendre ce qui va suivre.

Le clan Takeda règne sur la province de Kai, bordée au sud par celle de Suruga donc, à l'Est par celles de Sagami et Musashi, mais là il faut surtout retenir que ce sont les terres du clan Hojo, et enfin au Nord, par la province de Shinano.
Nous aurons l'occasion d'en reparler car elle sera l'objet de nombreuses convoitises!
Encore plus au Nord, on trouve la province d'Echigo. Enfin, au sud-ouest de Kai, se trouve la province de Mikawa, contrôlée par un certain Ieyasu Tokugawa... un personnage dont le nom ne vous est peut-être pas inconnu car il fait partie des plus importants personnages de l’histoire du Japon. Mais son heure n’est pas encore venue...
L'histoire l'a montré à maintes reprises dans toutes les civilisations, rien de tel pour fédérer ses subordonnés que de s'unir contre un ennemi commun.
Assoiffé de conquête, Takeda Shingen décide d'envahir la province de Shinano. Ce qui tombe bien parce que les daimyos de Shinano s'apprêtaient justement à attaquer les Takeda.
Mais celui-ci frappe le premier et malgré une armée samouraï nettement inférieure en nombre, remporte la bataille de Sezawa en 1542. Celle-ci n'est que la première d'une longue série de victoires.
L'armée des Takeda devient inarrêtable et progresse inexorablement à travers Shinano, obligeant certains daimyos à fuir pour chercher refuge vers le Nord, dans la province d'Echigo. Le clan Takeda finira ainsi par conquérir l'intégralité de la province de Shinano.
Inutile de rentrer davantage dans les détails pour l’instant, cela concerne notamment le prochain samouraï dont il est question dans cet article. Pour l'heure, faisons un saut dans le temps et arrêtons-nous sur la décennie 1560-1570.
Celle-ci commence par la mort du beau-frère de Shingen, Yoshimoto Imagawa, tué de manière soudaine par Oda Nobunaga. Lui aussi, vous en avez peut-être déjà entendu parler... mais ce n'est pas le sujet ici.
Le successeur des Imagawa n'a pas le charisme de son père, et en 1568, Takeda Shingen s'empare de la province de Suruga, rompant ainsi l'alliance des trois clans. Evidemment, le troisième clan, les Hojo, sont furieux et s'en prennent aux Takeda.
Shingen se lance dans plusieurs batailles mais cette fois, il tombe sur un os. Les forteresses des Hojo sont réputées imprenables et il se retrouve notamment bloqué à Odawara. Les Takeda doivent se replier.
Mais en 1571, le chef du clan Hojo décède et sur son lit de mort, encourage son fils à faire une trêve avec les Takeda. Du coup, Shingen peut se concentrer sur un autre front car au sud, les Oda et les Tokugawa se sont alliés contre lui.
Le clan Takeda possède un atout majeur: sa cavalerie, réputée invincible. Et effectivement, c'est un véritable bulldozer qui déferle sur les troupes de Tokugawa lors d'une bataille restée célèbre dans le Sengoku Jidai, la bataille de Mikatagahara en 1573. Ce sera d’ailleurs l'une des plus cuisantes défaites de Ieyasu Tokugawa.

Pour Takeda Shingen, cette victoire aurait pu être l'occasion de marcher sur Kyoto et d'unifier le pays. Malheureusement, la maladie aura raison de lui cette même année 1573, il meurt à l'âge de 53 ans.
Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il a véritablement marqué son époque et il reste un des plus brillants tacticiens du Japon féodal, sans parler de son caractère impitoyable. Takeda Shingen fut un des plus grands chefs de guerre que le Japon ait connu.
Même sa mort est source de légende. Preuve en est le magnifique film d'Akira Kurosawa, palme d'or à Cannes en 1980, "Kagemusha"! Dans le film, la mort de Shingen est romancée, certes, mais elle constitue le point de départ de l'histoire et la suite est juste jubilatoire! Si vous aimez le Japon féodal et les samouraï, c'est à voir absolument!
Nous nous sommes beaucoup attardé sur Shingen, pourtant ce n’est qu’un résumé et il se trouve que l’on va en reparler ci-dessous...
Uesugi Kenshin: le dragon d'Echigo
Lorsqu'on se plonge dans l'histoire du Japon, et notamment le Japon féodal, on découvre rapidement que les personnages ont une fâcheuse tendance à changer de nom toutes les 5 minutes, ce qui ne facilite pas la compréhension! Il n'est pas rare en effet qu'ils aient 4 ou 5 noms différents au cours de leur vie.
Notre 4e samouraï s'appelait à l'origine Nagao Kagetora, du clan Nagao donc. Etant le 4ème né de sa fratrie, c'est son frère Harukage qui prend les rênes du clan à la mort de leur père.
Kagetora, lui, est envoyé dans un temple pour étudier. Mais à l'âge de 14 ans, des fidèles de son père viennent le supplier de prendre les armes contre Harukage, qui n'est pas à la hauteur. En effet, la province d'Echigo est en danger, menacée notamment par les Ikkô-Ikki, qui donneront d'ailleurs pas mal de fil à retordre à Oda Nobunaga...
Bien que réticent, Kagetora accepte et finit par se retrouver à la tête du clan. En 1551, un seigneur de la région voisine du Kanto, Uesugi Norimasa, viendra trouver refuge auprès de lui en Echigo. Celui-ci a dû fuir devant l'avancée du clan Hojo qui, à l'instar de ses alliés du clan Takeda, progressent vers le Nord.
Deux ans plus tard, c'est au tour des daimyos Ogasawara Nagatoki et Murakami Yoshikiyo de venir lui demander son aide pour mettre un terme à la conquête de Shinano par Takeda Shingen.
Kagetora n'est pas très chaud car il connaît les exploits de Shingen mais finalement décide de prendre les armes car il comprend bien que le tigre du Kai ne va pas s'arrêter là et risque de s'en prendre ensuite à sa province d'Echigo!
Et c'est là que va naître une rivalité légendaire dans l'histoire du Japon féodal, et plus particulièrement dans la période du Sengoku Jidai, entre ces deux personnages.
Car Takeda Shingen et celui qui ne se fait pas encore appeler Uesugi Kenshin vont s'affronter à plusieurs reprises, notamment en un lieu nommé Kawanakajima, une plaine située au nord de la province de Shinano.

Pas moins de 5 batailles auront lieu à cet endroit entre les deux ennemis jurés: en 1553, 1555, 1557, 1561 et 1564.
La plus célèbre et aussi la plus féroce sera la 4ème, en 1561. Kagetora avait mis au point une tactique intéressante consistant à séparer son armée en deux groupes, permettant ainsi à la moitié de ses hommes de se reposer tandis que l'autre moitié était au front, et inversant les rôles au fur et à mesure de la bataille. Une stratégie efficace et qui aurait presque pu venir à bout de Shingen.
C'est au cours de cette bataille que les deux adversaires se seraient même retrouvés face à face. On raconte en effet que Kagetora s'est précipité à cheval sur Shingen, sabre à la main, pour lui asséner un coup qui lui aurait été fatal si ce dernier ne s'était pas protégé in extremis grâce à son tessen, autrement dit son éventail de guerre en métal.
Toujours est-il que Kagetora a bien failli avoir raison de Shingen ce jour-là, mais les gardes du corps de ce dernier ont eu tôt fait de l'exfiltrer et de repousser Kagetora. La bataille n'aura finalement aucun vainqueur, les deux armées se sont neutralisées et chaque camp aura perdu des milliers d'hommes, dont deux des plus importants généraux de Shingen.

La rivalité entre les deux était certes féroce mais également doublée d'un immense respect. En 1570, alors que Shingen était aux prises avec les Hojo, ces derniers ont organisé un blocus empêchant les Takeda de se ravitailler en sel. Une denrée capitale à l'époque puisqu'elle permettait la conservation des aliments.
Apprenant cela, son rival décide de faire livrer du sel à son ennemi. Il aura d'ailleurs cette phrase restée célèbre au Japon: "une guerre se gagne avec des sabres et des lances, pas avec du riz et du sel". Takeda Shingen le remerciera par la suite avec un sabre de grande valeur.
Kagetora devra également lutter contre le clan Hojo et il aidera notamment Uesugi Norimasa à reprendre certains territoires dans le Kanto, suite à quoi il prendra à son tour le nom d'Uesugi. Par la suite, il adoptera le nom bouddhiste de Kenshin.
C'est sous ce patronyme d'Uesugi Kenshin qu'il est aujourd'hui célèbre.
L'histoire a surtout retenu sa rivalité avec Shingen mais Kenshin lui a survécu. A partir de 1576, il tente de freiner l'ambition d'Oda Nobunaga d'avoir la mainmise sur le Japon.
Cela conduira à une des plus grandes batailles du Sengoku Jidai, à Tedorigawa. Une bataille qui semblait perdue d'avance pour Kenshin face à une armée composée de près de 40.000 hommes.
Mais Kenshin aura recours à une stratégie de son ancien rival, Takeda Shingen: il enverra une petite partie de ses troupes attaquer l'armée de Nobunaga à revers, donnant ainsi l'occasion à celui-ci d'écraser le reste de son armée.
Nobunaga tombe dans le piège et décide d'attaquer à la faveur de la nuit, pensant tomber sur des soldats endormis. Sauf que l'armée de Kenshin l'attend de pied ferme. Nobunaga perd ainsi un quart de ses troupes et décide de se retirer.
Suite à cette victoire, Uesugi Kenshin aurait pu lui aussi sans problème marcher sur Kyoto et unifier le pays. Mais à l'instar de son rival Shingen, il tombera malade à son tour et mourra en 1578, à 49 ans. A croire que finalement, ces deux-là avaient des destins liés jusqu'au bout.
Sur son lit de mort, il écrira ce poème: "Mes 49 années ont passé comme le songe d'une seule nuit. Les gloires reçues dans ma vie ne sont rien de plus qu'une coupe de saké".
Sanada Nobushige: l'ultime rempart!
Bien que né en 1567, Sanada Nobushige partage un lien fort avec le clan Uesugi dont on vient de parler. Il fut en effet envoyé comme otage chez les Uesugi dès son plus jeune âge.
Mais il ne faut pas voir ici le mot "otage" au sens où on l'entend aujourd'hui! Dans le Japon féodal, c'était un moyen courant de nouer des alliances.
Pour simplifier, c'est le clan de l'otage en question qui, très souvent, proposait à l'autre de prendre un enfant comme "otage", en échange d'une alliance ou d'une protection.
Dans le cas des Sanada, il s'agissait d'une union contre les Tokugawa. Et d'ailleurs le jeune Nobushige conservera une grande animosité envers ces derniers jusqu'à sa mort. Mais ne brûlons pas les étapes.

Après la disparition d'Oda Nobunaga en 1582, le clan Sanada se range du côté de celui que l'on peut considérer comme son successeur, Hideyoshi Toyotomi. Encore un nom que vous avez peut-être déjà entendu aussi. En fait, vous entendrez souvent ces trois noms dès qu'il sera question de la période Sengoku: Oda, Toyotomi et Tokugawa, que l'on appelle les trois unificateurs du Japon.
Ils comptent parmi les personnages les plus importants de l'histoire japonaise car sans eux, le Japon ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui.
Si on reprend la carte du Japon féodal, on peut voir que le clan Sanada n'occupe qu'un petit territoire non loin de Kyoto, et leur principale forteresse, le château de Ueda se situe sur la route Nakasendo, une des deux routes principales reliant l'Est et l'Ouest du pays avec le fameux Tokaido. Cela aura son importance ici.
Le château d'Ueda n'est pas bien grand, mais très bien conçu, et notamment capable de résister avec brio aux assauts répétés des armées de Tokugawa. Ce dernier s'y cassera les dents une première fois en 1583, malgré des troupes bien supérieures en nombre, mais l'histoire a surtout retenu ce que l'on a appelé le second siège de Ueda, en l'an 1600.
Pour faire court, Tokugawa veut marcher sur Osaka, qui est désormais le siège de l'héritier de Toyotomi Hideyoshi. Cela mènera à ce qui reste la plus grande bataille de l'histoire du Japon, la fameuse bataille de Sekigahara.
Tokugawa a séparé son armée en deux. Il conduit le gros de ses forces via la route du Tokaido, et confie les rênes du reste de son armée à son fils Hidetada qui, lui, passera par la route Nakasendo.
Ce dernier, encore jeune, a envie de se faire bien voir de son père. Il décide de venger l'affront de la défaite de Ueda et va donc assiéger le château une seconde fois. Et une nouvelle fois, le clan Sanada, qui ne compte que 2.000 hommes, menés par Nobushige, va résister aux assauts des 38.000 hommes d'Hidetada!
Celui-ci devra finalement battre en retraite et reprendre sa route... cependant, cet évènement fait qu'il arrivera trop tard pour la bataille de Sekigahara. Une bataille certes remportée par le clan Tokugawa, mais il s'en est fallu de peu que l'orgueil du jeune homme ne les entraîne vers une défaite.
Pourtant, l'histoire de Sanada Nobushige n'est pas terminée, tout comme celle du Sengoku Jidai et les deux prendront d'ailleurs fin au même moment car malgré sa victoire à Sekigahara, Tokugawa ne prendra le château d'Osaka que 15 ans plus tard. C'est ce que l'on a appelé les campagnes d'hiver et d'été d'Osaka.
On y retrouve Sanada Nobushige, venu se mettre au service du jeune fils de Toyotomi Hideyoshi, et prêt à défendre coûte que coûte le château d'Osaka.
Pour cela, il va construire une véritable forteresse en forme de croissant à l'angle sud-ouest du château, connue sous le nom de Sanada Maru.
Celle-ci était entourée de douves très larges dans lesquels il avait fait faire un remblai, avec, au sommet de celui-ci, un mur de bois à deux étages. Et sur celui-ci, on trouvait à intervalles réguliers des plates-formes de tirs équipées de canons.
Grâce à ce rempart incroyable, Sanada Nobushige et ses 7.000 hommes sont parvenus à repousser des mois durant pas moins de 25.000 soldats des armées de Tokugawa!

Et ça ne s'arrête pas là car en juin 1615, alors qu'il avait mené une grande bataille contre les troupes de Date Masamune, un allié de Tokugawa, il constate à son retour au château que le gros des forces ennemies s'apprête à donner l'assaut final.
Il envoie alors son fils prévenir l’héritier de Toyotomi Hideyoshi qu'il doit sortir du château avec ses hommes et attaquer, tandis que lui et les siens prendront l'armée de Tokugawa à revers.
Malheureusement, le très jeune Hideyori n'osera pas attaquer et les hommes de Nobushige seront écrasés. Ce dernier, épuisé après des heures de rude combat, s'assoit sous un pin dans le sanctuaire Yasui.
Lorsque les troupes de Tokugawa arrivent à proximité, il annonce tranquillement qui il est, et qu'il n'a plus la force de combattre. Ce faisant, il laisse un samouraï du nom de Nishio Nizaemon lui trancher la tête.
Avec la nouvelle de sa mort, la prise du château d'Osaka n'est plus qu'une question d'heures.
Sanada Nobushige fut surnommé par ses partisans "l'ultime héros du Sengoku Jidai". Il est aussi connu sous le nom de "démon guerrier écarlate", en référence à sa bannière de couleur rouge sang.
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