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5 clans qui ont compté dans le Japon féodal
Bannières des clans shimazu, mori, chosokabe, hojo et date

5 clans qui ont compté dans le Japon féodal

Cet article va nous emmener dans le Japon féodal, au temps des shôgun et des samouraïs. On va s’intéresser à l’histoire de 5 clans, 5 grandes familles qui se sont illustrées durant cette période, et qui pour certaines, existent même encore de nos jours.

Bien entendu, les samouraïs ont disparu entre la fin de la période Edo et le début de l’ère Meiji, mais pas leurs familles! Les plus grandes ont d’ailleurs toujours une grande influence dans la sphère politique japonaise.

Mais ici on va plutôt parler de ces clans tels qu’ils étaient à l’époque féodale, c’est-à-dire, en gros, entre le XIIe et le XVIIe siècle. On va évoquer leurs origines, les faits historiques marquants dans lesquels ils ont été impliqués, et naturellement, on va résumer, sinon ça peut vite devenir indigeste.

Il y a suffisamment de grandes et illustres familles dans l’histoire japonaise, et on va commencer par l’une des plus importantes à avoir dominé l’île de Kyushu, au sud du pays.

Le clan Shimazu: on dirait le Sud…

Le fondateur du clan Shimazu s’appelait Shimazu Tadahisa. Il était l’un des fils du shôgun Minamoto no Yoritomo.

Shimazu Tadahisa a fait notamment partie de l’expédition menée par Yoritomo à Mutsu en 1189, où s’était retranché son frère Yoshitsune. Cette expédition fut la conclusion tragique de cette guerre fratricide puisque Yoshitsune y laissa la vie.

En récompense, Tadahisa reçoit la province de Satsuma qui se trouve complètement au sud de Kyushu. En 1196, il conquiert les provinces voisines d’Ôsumi et de Hyûga, où il fait construire un château.

Au cours des siècles suivants, le clan Shimazu grandit et continue petit à petit d’agrandir son territoire dans le Kyushu.

De par cette situation au sud du Japon, les Shimazu sont les premiers à utiliser des teppo sur les champs de bataille. Les teppo sont des armes à feu de type arquebuse. Celles-ci ont été introduites dans l’archipel par les premiers occidentaux qui arrivent en Kyushu en 1543, en l’occurrence des Portugais. Ces armes vont notamment beaucoup impressionner Oda Nobunaga qui les utilisera à son tour dans sa tentative d’unifier le pays.

Guerrier Shimazu
Guerrier Shimazu

En 1586, les Shimazu parviennent à unifier l’ensemble de la région de Kyushu, mais doivent se soumettre un an plus tard à Hideyoshi Toyotomi lors la campagne de Kyushu. Toyotomi fait partie des trois unificateurs du Japon, avec Oda Nobunaga et Tokugawa Ieyasu, lors de la période Sengoku Jidai.

En l’an 1600, le clan Shimazu participe bien entendu à la grande bataille de Sekigahara mais fait malheureusement partie des armées de l’ouest, donc des perdants. Le clan conserve néanmoins une bonne partie de ses territoires et se verra même autorisé quelques années plus tard en 1609, par Ieyasu Tokugawa, devenu shôgun, à conquérir l’archipel des Ryûkyu.

Les Ryukyu, ce sont ces petites îles situées très au sud du Japon, du côté de Taïwan. On y trouve notamment Okinawa. Le clan Shimazu restera dès lors un clan important et très influent et qui existe toujours aujourd’hui.

Le clan Mori: la légende des 3 flèches

Comme pour les Shimazu, l’origine du clan Môri remonte au XIIe siècle. Mais ce n’est qu’au XVIe siècle que le clan commence à faire parler de lui et à prendre de l’importance.

Les provinces de l’Ouest de Honshu sont alors dirigées par le clan Ôuchi, qui compte parmi les guerriers les plus puissants du pays. Mais certains de ses vassaux, dont les Mori, décident alors de se révolter contre leur régime autocratique.

En 1557, c’est finalement Mori Motonari, le chef du clan Mori, qui tire son épingle du jeu et qui devient ainsi le nouveau seigneur régnant sur l’ouest de Honshu. Peu avant sa mort, en 1571, il convoque ses trois fils afin de leur enseigner une ultime leçon.

Il prend trois flèches de bambou et les donne à ses fils, leur demandant de briser la flèche. Les trois s’exécutent et brisent les flèches. Il leur donne alors à chacun trois nouvelles flèches, liées entre elles par une cordelette, et leur dit de recommencer.

Cette fois, aucun ne parvient à briser les flèches liées entre elles. Motonari leur dit alors la chose suivante: « si vous restez unis, le clan survivra, mais dans le cas contraire, il périra ».

Cette histoire est racontée notamment dans les écoles primaires au Japon mais tient plus de la légende que de la réalité historique. N’empêche que le clan Mori perdurera dans le temps.

Mori Motonari, dans la série du même nom de la NHK (1997)
Mori Motonari, dans la série du même nom de la NHK (1997)

Le petit-fils de Motonari, Mori Terumoto, fut l’un des plus importants chefs du clan. D’abord farouche adversaire d’Oda Nobunaga, il devient ensuite le général de confiance d’Hideyoshi Toyotomi.

On pourrait se dire qu’il a changé de camp vu que Toyotomi s’est toujours proclamé comme le successeur de Nobunaga, mais il faut savoir que celui-ci était avant tout un fin stratège et un négociateur hors pair. Il est ainsi parvenu à rallier les Mori à sa cause.

A la mort de Toyotomi, Mori Terumoto devient l’un des 5 régents chargés de veiller sur son fils, le jeune Hideyori. Pourtant, lorsque Tokugawa finira par prendre le pouvoir, Terumoto se rangera de son côté… du moins en apparence!

Ca lui permettra notamment de conserver une partie de son territoire, tout à l’ouest de Honshu, dans la province de Chôshu.

Ce détail qui semble insignifiant aura son importance dans l’histoire du Japon car tout au long de la période Edo, les guerriers Mori du Chôshû seront endoctrinés dans la haine des Tokugawa et la vénération de l’Empereur. Si bien qu’en 1867, ils mèneront le combat contre le shogunat des Tokugawa qui aboutira à la restauration Meiji.

Le clan Chosokabe: La chauve-souris de Shikoku

On ne parle pas souvent de l’île de Shikoku, la 4e plus grande île du Japon, située dans la mer intérieure, alors je me suis dit que c’était l’occasion. Le clan Chosokabe est en effet celui qui unifiera cette île.

Petite originalité, les membres du clan prétendaient être des descendants d’un empereur chinois, en l’occurrence Qin Shi Huang, le premier à avoir unifié la Chine, rien que ça! Cela ferait remonter son origine à plus de 200 ans avant notre ère, pas mal non?

Mais les Chosokabe sont avant tout associés à la province de Tosa. Et le clan a presque failli disparaître au début de la période Sengoku, en 1508, lorsque leur chef, Kanetsugu, fut tué par le clan Motoyama.

Son fils, Kunichika, fut alors élevé par le clan Ichijô, dans cette fameuse province de Tosa. Et c’est avec l’aide des Ichijô, justement, qu’en 1560, Kunichika parvient à se venger des Motoyama.

C’est son fils Motochika qui lui succède et qui sera sans conteste le personnage le plus important de l’histoire du clan Chosokabe. Il reprend le contrôle de la province de Tosa en 1575, lors de la bataille de Watarigawa, contre… les Ichijô cette fois!

Ah oui, les trahisons et autres retournements de situation du même tonneau, il faut s’y habituer parce que ce n’est pas ce qui manque dans l’histoire japonaise!

En plus, Motochika, qui était pourtant quelqu’un de très calme en apparence, ne s’arrête pas en si bon chemin puisqu’en quelques années, il finit par unifier toute l’île de Shikoku, en soumettant notamment les provinces d’Awa et de Sanuki.

Chosokabe Morichika
Chosokabe Morichika

Dans le même temps, il entre en contact avec Oda Nobunaga, qu’il considère comme un allié. Mais ce dernier ne voit pas du tout les choses de la même façon. Il dira même de Motochika en privé qu’il n’est qu’une chauve-souris sur une île sans oiseaux! Ambiance…

Nobunaga envisageait même d’envahir Shikoku tôt ou tard, mais sera assassiné en 1582 avant de mettre ce projet à exécution. C’est son successeur, Toyotomi, qui finira par envahir Shikoku en 1585.

Motochika se soumet alors à Toyotomi et participera deux ans plus tard à l’invasion de Kyushu, dont on a parlé tout à l’heure, contre le clan Shimazu.

Il combattra encore pour Toyotomi durant la guerre d’Imjin en 1592. La guerre d’Imjin est une tentative d’invasion de la Corée, voire de la Chine, vers la fin du règne de Toyotomi Hideyoshi. Oui, on peut dire qu’il voyait grand, lui!

Mais revenons aux Chosokabe. A son retour de Corée, Motochika se fait moine et se retire à Fushimi. Il meurt en 1599.

Son successeur, Morichika, n’aura pas cette chance. Il prendra part évidemment à la bataille de Sekigahara du côté de l’Ouest, donc des fidèles de Toyotomi, et perdra ainsi son statut de daimyo de la province de Tosa après la défaite.

Pire, il finira exécuté après le siège d’Osaka en 1615 et le clan Chosokabe disparaîtra dans la foulée en tant que force politique et militaire.

Le clan Hojo: court mais… intense!

Ce clan est également appelé parfois Go-Hojo, ou encore Hojo postérieur. On les appelle ainsi car il a existé un autre clan Hojo plusieurs siècles auparavant.

Le fondateur du clan, Hojo Sôun, décide de profiter de la situation chaotique dans le pays à la fin du XVe siècle pour s’emparer de la province de Sagami, dans la région du Kanto.

Petit aparté, cette situation particulièrement bancale et atypique constitue pour ainsi dire le point de départ de la période Sengoku Jidai. Je n’entrerai pas dans ces détails-là pour le moment, d’autant plus que c’est l’aboutissement de plusieurs siècles de changements politiques.

En à peine un demi-siècle, le clan Hojo parvient à dominer une grande partie de l’Est du Japon, faisant jeu égal avec d’autres clans comme les Takeda par exemple.

Statue de Hojo Soun à Odawara
Statue de Hojo Soun à Odawara

Ils deviennent ainsi une force majeure du pays et établiront notamment leur fief au château d’Odawara, une véritable forteresse réputée imprenable, et sur laquelle le tigre du Kai, Takeda Shingen lui-même se cassera les dents!

C’est finalement Hideyoshi Toyotomi qui finira par en venir à bout, en 1590, lors du troisième siège d’Odawara, mais il devra déployer pour cela une immense armée, au sein de laquelle on retrouvera notamment Motochika Chosokabe, dont on a parlé précédemment.

La prise d’Odawara marquera la fin du clan Hojo, un clan qui malgré sa très courte durée de vie aura marqué l’histoire du Japon féodal de son empreinte.

Le clan Date: C’est le Noooord!

Ce dernier clan va nous emmener dans la partie nord de Honshu. Il sera très peu question des territoires du Tohoku dans la période Sengoku car les habitants de ces régions ne manifestent pratiquement aucune vélléité d’indépendance ou de conquête.

Mais un clan, situé dans la région où se trouve aujourd’hui la ville de Sendai, va néanmoins faire parler de lui, il s’agit du clan Date.

Comme les Shimazu, ce clan trouve lui aussi son origine au XIIe siècle puisque le territoire est obtenu en récompense suite à la guerre de Genpei.

Au cours du Sengoku Jidai, les Date tentent, comme pratiquement tous les clans du Japon à cette époque, de conquérir et d’unifier le pays. L’histoire a notamment retenu le nom de Date Masamune, un des samouraïs les plus emblématiques du clan, mais aussi de cette période historique.

Masamune était plutôt du genre indépendant et n’avait que faire d’un gouvernement central. Il se battait avant tout pour lui-même. Ce qui fait que lorsqu’Oda Nobunaga prend un décret interdisant la guerre dans les provinces du pays, lui n’en fait qu’à sa tête et continue de guerroyer.

Statue de Date Masamune à Sendai
Statue de Date Masamune à Sendai

En même temps, il n’était pas le seul, on va dire… mais lorsqu’il apprend la prise d’Odawara par Toyotomi en 1590, il décide finalement d’entrer dans le rang, un peu aidé en cela par Ieyasu Tokugawa, qui va notamment contribuer à sauver sa tête. Au propre comme au figuré car Toyotomi aurait eu tôt fait de l’exécuter!

Les Date se rangeront ainsi du côté des Tokugawa lors de la bataille de Sekigahara. C’est ainsi qu’ils obtiendront les territoires autour de l’actuelle ville de Sendai, où Masamune fera bâtir son château.

Tokugawa lui sera encore plus reconnaissant car le clan obtiendra même le statut de shosho, c’est-à-dire grand général pour les générations à venir, et fera partie des quelques familles à se voir autoriser à épouser la fille d’un shôgun.

Le clan continuera de se développer ainsi durant la période Edo mais malheureusement pour eux, plusieurs chefs de famille décèderont successivement avant la trentaine, ce qui aboutira à une fragilisation de l’administration du clan et celui-ci perdra tous ses privilèges à la fin de la période Edo.

Voilà pour ce petit tour d’horizon de quelques clans japonais. J’ai vraiment résumé mais encore une fois, ça vous donne un petit aperçu de l’histoire du Japon féodal, sur lequel on aura encore bien d’autres occasions de revenir.

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