Stage au Japon: le guide ultime!

Décrocher un stage au Japon! Le graal des graal pour tout étudiant japonisant.

Vous êtes étudiant et vous souhaitez effectuer votre stage en entreprise au Japon, mais vous ne savez pas par où commencer et on vous a dit que c’était soit difficile voire impossible? Qu’il fallait absolument parler japonais? Où vous êtes lycéen et vous envisagez de faire un stage au Japon plus tard? Voici le guide ultime pour décrocher son stage au Japon. Vous aurez aussi mes cinq méthodes et 7 conseils pour décrocher votre stage dans les meilleures conditions possibles.

Vous êtes prêt? c’est parti!

Que vous soyez étudiant en langue japonaise, infographiste, architecte, commercial quel que soit votre spécialité en licence ou master, effectuer votre stage au Japon est une expérience qui valorisera grandement votre CV en plus d’y ajouter une langue de plus en plus demandée à l’international. Mais surtout vous bénéficierez d’une formation très qualitative en termes d’acquisition de process de travail, de sens du détail, de méticulosité et aussi de la qualité toujours poussée au maximum au Japon.

En effet, travailler au Japon en tant que stagiaire a été pour moi la meilleure école de la recherche de l’excellence. Et vous aussi, si vous pouvez travailler au Japon en tant que stagiaire, vous pourrez ensuite travailler n’importe où et ce quel que soit votre niveau dans l’échelle hiérarchique à condition de bien gérer votre stage.

Enfin, vous pouvez aussi transformer votre stage en CDI au Japon, chose pas du tout impossible si vous avez réussi à prouver votre réelle valeur ajoutée à votre employeur et qu’il ne peut plus se passer de vous.

Mais avant toute chose, je ne peux que vous conseiller de bien étudier la question sans trop idéaliser car le fonctionnement des stages n’est pas du tout ancré dans la culture japonaise comme ça peut l’être en France. En effet au Japon, les étudiants n’ont pas besoin d’effectuer un stage à valider durant leur cursus académique car leur réelle initiation au monde du travail commence une fois diplômé lors de leur prise de poste en entreprise.

Vous l’aurez compris, il vous faudra donc développer une stratégie et un plan d’action bien spécifique pour non seulement espérer décrocher un stage au Japon mais aussi un stage formateur pour vous. Vous serez peut-être bousculé, sans doute plus que dans votre pays, voire même amené à effectuer pas mal de tâches qu’on appellera le sale boulot, sans réelle valeur formative, donc travailler au Japon vous demandera une bonne capacité d’adaptation et d’abnégation.

Okawabata River City 21, Tokyo

Okawabata River City 21, Tokyo

Ceci étant, en tant que postulants étrangers vous avez beaucoup d’atouts dans votre jeu, à commencer par le fait que beaucoup d’entreprises japonaises aspirent à avoir leurs quotas d’étrangers pour montrer leur ouverture sur le monde ou alors pour des projets ponctuels ou encore pour des projets plus long terme de débouchés sur les marchés internationaux.

Donc même si certaines des motivations des employeurs japonais à vous embaucher ne sont pas toujours très valorisantes, en général ça vaut le coup de foncer. Tout d’abord, vous avez un énorme avantage à chercher un stage au Japon en tant qu’étranger car les japonais manquent cruellement de main d’œuvre qualifiée d’une part en raison d’un déficit démographique et aussi parce qu’ils commencent tout juste à réaliser qu’il leur faut des experts issus de l’international pour mieux exporter à l’étranger.

Le gouvernement japonais est d’ailleurs bien conscient de la nécessité grandissante de se doter de ressources humaines internationales et promeut de plus en plus les stages de jeunes étrangers au sein des entreprises japonaises. De plus bien que les stages tels qu’on les appelle en occident n’existent pas structurellement au Japon, la pratique chez les japonais a énormément progressé ces dernières années avec en 2017 un peu plus de 60% de stagiaires japonais et les dernières tendances statistiques montrent que ça se rapproche des 70% pour 2018.

Mais là où vous pouvez avoir un réel avantage par rapport à une candidature japonaise, c’est que pour nous autres étrangers, ce ne sont pas tant les critères élitistes liés au parcours universitaire qui priment mais plus ce que vous valez sur le terrain et ce que vous pouvez démontrer à votre entreprise au quotidien. De toute manière, en général, les recruteurs ignorent la réelle valeur des diplômes étrangers et, par exemple, HEC ne leur dira absolument rien.

Donc une étape essentielle lorsque vous postulez à un stage ou à tout autre travail au Japon, c’est de vous poser la question suivante: quelle serait ma valeur ajoutée par rapport à un salarié japonais? Pourquoi cette entreprise se compliquerait la tâche de me recruter moi plutôt qu’un japonais, compte tenu de toutes les démarches nécessaires au Japon pour recruter un étranger?

Et oui, quand vous pourrez répondre à ces questions, vous pourrez vous faire accepter et j’ai bien dit accepter car c’est tout l’enjeu de ma vidéo. En effet, ce sera la plupart du temps à vous de vendre le concept de stage et de motiver votre futur employeur par rapport à vos capacités.


Ce qui compte pour un employeur japonais, c’est ce que vous pouvez apporter en terme d’expertise, image, compétences ou savoir-faire qui pourra aider au développement de l’entreprise.

Ca peut être le fait, par exemple, que vous apportez à l’entreprise une aide bien particulière pour aider à développer sa clientèle étrangère, ou en vue de partenariats avec des entreprises étrangères, ou en mettant à leur disposition des connaissances pointues sur des savoir-faire et approches françaises comme la fameuse French Touch, en contrepartie bien sûr d’un apprentissage et de méthodes.

Donc encore une fois, à vous de bien vous positionner sur ce qu’est un stage au Japon et cela en expliquant aux entreprises ce qu’est un stage à l’occidentale en leur décrivant les avantages pour elle. Tout ça pour vous dire que oui c’est réellement possible de faire des vrais stages au Japon, ayant moi-même fait des stages d’une durée de 1 à 9 mois.

Et à propos de durée, en général, les entreprises recruteront des stagiaires pour des durées d’un mois à un an pour une moyenne d’environ quatre mois. Donc il faut pour cela trouver une entreprise ouverte à la notion de stage mais ne frappez pas à leur porte en disant «prenez moi j’ai besoin d’un stage»: agissez toujours en termes d’offre et de demande. Et s’il n’y a pas de demande et bien faites comme Apple, créez là.

Si vous êtes ok avec tout cela, on peut continuer.

Pour commencer, cet article s’adresse aux étudiants qui souhaitent trouver un stage en entreprise.

Je vais aborder le cas qui intéresse la grande majorité d’entre vous à savoir un stage à faire valider durant votre cursus universitaire que vous soyez en licence, master ou au-delà.

Aéroport international de Narita

Aéroport international de Narita

Stratégies pour décrocher son stage au Japon

Optimiser ses chances de recrutement en fonction de sa situation

Pour commencer, il y a trois cas de figure à distinguer quand vous cherchez un stage au Japon qui sont d’ailleurs applicables pour la recherche d’emploi en général.

  1. Les postulants ne parlant que le français, car oui même dans cette configuration il est tout à fait possible de trouver un stage au Japon.
  2. Les postulants qui ne parlent que l’anglais ou qui ont un niveau de japonais débutants.
  3. Les postulants parlant un niveau de japonais intermédiaire et plus.

Français

Même si vous ne partez pas avec les meilleurs atouts linguistiques, ne vous inquiétez pas. Les postes Francophones 100% sont rares mais existants. Certaines organisations (ambassades, écoles) ou entreprises ne requièrent pas nécessairement l’anglais. Et contrairement aux idées reçues en dehors des emplois requérant la maîtrise du japonais, il existe tout un tas d’emplois où vous n’aurez pas besoin de parler le japonais.

Beaucoup d’offres, vous demanderont au minimum l’anglais, voire le français si vous êtes chanceux. Contrairement à ce qui est souvent dit, non il n’y a pas que les traders qui peuvent travailler en anglais. Il y a même tout un tas de poste internationaux ne demandant que votre première ou deuxième langue qui n’attendent que vous et vous serez même surpris de voir le nombre d’entreprises ne recrutant que des anglophones.

Là, évidemment la concurrence sera plus rude car vous serez noyés dans l’immense majorité des personnes ne parlant pas le japonais, mais à niveau égal, ce seront votre CV, votre motivation et votre personnalité qui feront la différence.

Mon conseil: visez d’abord les entreprises françaises puis agrandissez aux entreprises anglophones. Evidemment, il va sans dire que si vous avez une formation telle que graphiste 3D, ingénieur en aéronautique ou toute autre formation où la communication verbale n’est pas ou peu importante, et bien votre niveau de langue ne sera pas un critère décisif.

Par ailleurs, quelques cours de japonais avant votre départ pour montrer que vous vous intéressez à la langue et la culture japonaise seront un plus très appréciable pour votre employeur.

Shibuya crossing à Tokyo

Shibuya crossing à Tokyo

Anglais et Japonais débutant

Bon là certes, vous êtes entre deux eaux mais vous gardez quand même un bel avantage car vous êtes toujours extrêmement minoritaires par rapport à la grande majorité des postulants ne pouvant pas communiquer en japonais.

Parlez ne serait-ce qu’un minimum de japonais augmentera grandement vos chances car les recruteurs japonais ont souvent une grande appréhension vis-à-vis des candidats étrangers.

Même si la grande majorité des employeurs sont assez ouverts, si je prends l’exemple d’un recruteur typiquement japonais à qui on a demandé de recruter un étranger et bien je peux vous assurer que lui montrer que vous avez quelques bases de japonais vous permettra de vous démarquer de vos concurrents.

C’est indéniable cela montre votre potentiel de progression aux recruteurs ce qui inspire confiance dans votre capacité d’adaptation à la culture japonaise au-delà de votre simple compétence technique ou professionnelle. En effet, au Japon, cadre linguistique et normes professionnelles sont étroitement imbriqués.

Japonais de niveau intermédiaire et plus

Statistiquement, vous faites partie de ceux qui ont le plus de chances de décrocher un stage. Parler japonais vous ouvrira évidemment plus de portes et vous pourrez miser sur votre bilinguisme lors de votre négociation.

Votre gros avantage est que vous pourrez répondre à toutes les offres uniquement rédigé en japonais même si elles ne demandent que l’anglais comme compétence linguistique car en effet même s’il n’y a que l’anglais de requis, beaucoup de recruteurs japonais ne prendront pas la peine de rédiger leur annonce en anglais et vous pourrez, par exemple, postuler aux deux plus gros vivier annonce au Japon: Rikunabi et en Japan.

Mon conseil: visez toutes les entreprises en privilégiant celles qui sont le plus susceptibles d’être intéressés par votre bilinguisme. Ainsi, étant donné que cette compétence est rare, vous pourrez vous démarquer par rapport à la grande majorité des personnes n’ayant pas de compétences particulières en japonais.

Vous pourrez identifier les entreprises susceptibles d’être intéressées par votre profil en recherchant les offres avec les critères suivants: commerce international entre la France et le Japon, capacité de liaison entre la filiale européenne et la maison mère japonaise ou inversement, traduction franco-japonaise, etc…

Parlons maintenant du fameux test JLPT.

Ne misez pas tout sur votre JLPT ou vos immenses connaissances théoriques, les recruteurs japonais veulent savoir ce que vous valez sur le terrain en conditions réelles. En effet, j’ai connu beaucoup de personnes qui se sont fait recaler parce que les recruteurs se sont soit rendus compte qu’ils avaient un niveau oral inférieur à leur niveau écrit, ou parce qu’ils avaient d’autres attentes que leur niveau linguistique.

Je sais que je vais faire grincer beaucoup de dents et même s’il est dit qu’il faut le JLPT 2 pour travailler au Japon, je peux vous assurer que ce bout de papier ne vous servira à rien d’autre que de vous démarquer lors de la sélection. Les recruteurs démasquerons vite votre réel niveau de communication en entreprise et là, croyez-moi, c’est du vécu: j’ai connu un tas de personnes qui avaient soir JLPT 2 ou 1, ou qui connaissaient environ 2.000 kanji mais qui étaient incapables de tenir une conversation professionnelle.

Le réel intérêt de ce test, pour moi, est qu’au-delà de vous motiver à en apprendre plus, c’est de vous situer par rapport au niveau que vous souhaitez atteindre à l’écrit. Donc ça ne devrait pas être une démarche du style «Ah cool, j’ai le niveau de…» «Ca va impressionner sur mon cv…», mais plutôt, «Ok, super maintenant, j’ai le N2 donc les connaissances de base pour travailler en entreprise. Voyons maintenant comment je vais leur démontrer mon niveau oral et écrit en situation réelle pendant l’entretien…».

Maintenant, mon conseil si vous avez un profil plus généraliste sans compétence ou savoir-faire particulier, visez principalement les entreprises françaises ou non japonaises et renforcez votre japonais en apprenant les bases du jargon de votre secteur.

Si vous avez plutôt un profil technique, recherché ou rare, visez plutôt les entreprises japonaises de moyennes et grandes tailles qui seront plus enclines à travailler avec des étrangers.

Marché de l'emploi au Japon

Marché de l’emploi au Japon

Le marché de l’emploi japonais

Optimiser ses chances en fonction des secteurs qui recrutent

Sans trop rentrer dans les détails du marché de l’emploi japonais, voici quelques informations utiles à connaître avant de démarcher.

De manière générale, les entreprises internationales et les petites start-up au Japon sont plus enclines à accepter des stages. Selon les données de 2016 du ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales au Japon, les domaines qui concentrent le plus d’étrangers sont la production industrielle pour 31 %, suivi par le secteur des services à 14% et des petits commerces à 13%.

La dernière étude 2016 de Disco Japan nous apprend d’ailleurs que c’est plus précisément la recherche, la supply chain, le domaine de l’informatique, l’administration et le commerce international qui sont les domaines où les entreprises font le plus appel à des stagiaires étrangers. Il y a donc un marché très varié qui peut convenir au plus grand nombre.

Cependant, d’après mon expérience, les domaines qui sont le plus en expansion sont les domaines très techniques, les domaines de l’enseignement, de l’hôtellerie et du luxe.

Pour finir, une étude toujours de Disco Japan montrent les plus grands critères de sélection pour un étranger au Japon. Sans surprise, ce qui est le plus prisé des entreprises japonaises au moment d’embaucher un étranger, c’est sa capacité de communication générale et sa compétence en japonais en tête. L’anglais, lui, n’arrive qu’en neuvième position des critères de recrutement mais ça ne doit pas vous décourager pour autant.

Décrocher son stage au Japon

Décrocher son stage au Japon

5 méthodes pour décrocher son stage au Japon

1.001 façons de décrocher le stage de vos rêves

En ce qui concerne la recherche de stage proprement dites, vous avez deux cas de figures.

Premièrement, soit vous est déjà sur place pour démarcher, quel que soit votre visa et c’est d’ailleurs le meilleur des cas, ou soit vous êtes en dehors du Japon et vous souhaitez démarcher à distance.

Pour les postulants qui sont en dehors du Japon, je vous le dis tout de suite, ça sera beaucoup plus difficile car les japonais sont bien plus réticents à recruter quelqu’un avec qui ils n’ont pas eu de réel face-à-face. Bien sûr, vous trouverez toujours quelqu’un qui a réussi à décrocher son stage par Skype ou par téléphone, mais selon mon expérience ça reste une minorité.

Néanmoins, il est tout à fait possible de décrocher son stage à distance avec les quelques possibilités suivantes: tout d’abord, je vous conseille d’effectuer vos recherches de stages via des candidatures spontanées car les entreprises les proposent rarement d’elles-mêmes. En effet, grâce aux candidatures spontanées, vous pourrez mieux cibler votre secteur d’activité et les entreprises pourront se montrer très réceptives à votre motivation et prise d’initiative.

Dans ce domaine le culot paye souvent. J’ai décroché un stage en proposant un mini spectacle de magie promotionnelle mettant en valeur un des produits que la société commercialisait et je leur ai fait mon petit numéro en leur démontrant à quel point j’étais hyper motivé et que mon petit show ne constituait qu’un modeste aperçu des campagnes promotionnelles que je pouvais leur créer. Et après la démo, bingo!, j’ai été engagé en tant que stagiaire assistant marketing donc n’abandonnez pas avant d’avoir envoyé 1.000 lettres.

Si vous êtes déjà sur place, allez démarcher directement les entreprises sans rendez-vous. Un japonais n’osera jamais mais, en tant qu’étranger, vous pouvez vous le permettre. J’ai essayé ces techniques pour des petites entreprises et, dans deux cas sur 10, vous aurez quelqu’un pour vous accueillir ou à défaut vous pourrez au moins déposez votre CV à l’accueil.

Le meilleur moyen de transport à Tokyo

Le meilleur moyen de transport à Tokyo

Troisièmement, les Jinzai Shoukai Gaisha. Très peu connues des expatriés, ces entreprises de placement sont des véritables mines d’or. En gros, vous vous enregistrez chez elles lors d’un petit entretien d’environ une heure et ensuite elles s’occupent de vous recontacter régulièrement en vous proposant différentes offres. Même s’il est vrai qu’on les utilisera plus pour rechercher l’équivalent d’un CDI, un CDD ou une intérim, rien ne vous empêche de leur expliquer que vous recherchez un stage.

Il faut cependant être sur place. Je vous ai d’ailleurs mis quelques liens de Jinzai Shoukai Gaisha en fin d’article.

Pour le reste, il y a tout un tas de sites mettant en ligne des offres d’emploi avec parfois des offres de stages. Evidemment rien ne vous empêche de négocier qu’on vous prenne en tant que stagiaire pour une offre qui propose un CDI.

Ensuite, ça peut paraître évident mais votre propre réseau dans votre université, ou votre entourage, japonais ou expatriés, qui peut connaître la bonne personne peut se révéler très fructueux. En effet, les connexions interpersonnelles restent le moyen le plus fiable de décrocher un stage ou un emploi car les japonais misent beaucoup sur la mise en relation et les connexions.

Sans en abuser, j’ai eu quelques fois recourt à quelques relations un peu haut placées. Alors évidemment, je ne connais pas tous les prérequis pour se faire engager dans votre secteur mais vous pourrez vous faire une idée assez rapidement au vu des premières réponses.

Evidemment, je ne peux que vous conseiller de viser en priorité les grandes villes telles que Tokyo, Yokohama, Osaka ou Nagoya qui concentrent le plus grand nombre d’entreprises. Ensuite, même si c’est toujours mieux de rédiger un CV en japonais en précisant votre réel niveau, ce n’est pas obligatoire.

Il s’agit de démontrer aux recruteurs que dès votre candidature, vous savez déjà vous adapter aux normes et procédures japonaises, ce qui est très fortement apprécié en tant que signe de respect vis-à-vis du pays qui vous accueille.

En ce qui concerne la lettre de motivation, il faut qu’elle soit au minimum en anglais et si possible en japonais car votre recruteur ne parlera pas forcément la langue de Shakespeare.

Visa japonais

Visa japonais

Les visas pour travailler en règle au Japon

A chaque type de stage son type de visa

  1. Pour les stages non rémunérés de moins de 90 jours, un simple visa touriste suffira. Aucune démarche n’est à faire. Contrairement à ce qui est souvent dit, du moment qu’aucune rémunération ne vous est versée, vous avez le droit de travailler bénévolement avec ce type de visa. D’ailleurs, il n’y a pas réellement de visa touriste mais plutôt de visa temporaire (temporary visa).
  2. Votre stage dure plus de 90 jours et ne sera pas rémunéré. Votre entreprise devra alors vous sponsoriser pour vous faire obtenir un visa appelé «cultural activities». Vous pouvez demander aussi une autorisation pour un part time job pour travailler, je crois, environ quatre heures par jour mais bon vous serez vite limités donc je vous le déconseille.
  3. Vous avez un stage rémunéré. Dans ce cas-là, vous devrez alors vous faire sponsoriser pour obtenir le visa appelé «designated activities», sauf si bien sûr vous avez tout autre visa compatibles tels que le visa vacances-travail (working holiday). Point très important: si vous touchez la moindre rémunération et que vous n’avez pas déjà un visa de travail, vous devez obtenir le visa «designated activities».

Surtout ne prenez pas le risque de toucher le moindre yen sans visa approprié car le Japon est très sévère sur ce point-là. Vous risquez de vous faire expulser sans préavis.

Deuxième précision pour ceux qui souhaitent passer d’un visa touriste à un visa de travail sans quitter le Japon et bien c’est possible. Je suis moi-même passé d’un visa touriste à un visa de travail de cinq ans sans quitter le Japon. Il faut pour cela que vous anticipiez bien et soyez sûrs d’obtenir votre certificat d’éligibilité en moins de trois mois.

Cette fausse croyance comme quoi il faut sortir du pays pour avoir un visa de travail vient du fait qu’entre la demande du certificat d’éligibilité et son obtention, les trois mois de visa de touriste sont généralement écoulés. Si c’est votre but et que vous avez déjà une entreprise qui est prête à vous sponsoriser, je vous conseille vivement d’aller dès le premier jour au bureau d’immigration à Shinagawa.

Sinon, la demande de visa s’effectuera dans n’importe quelle ambassade en dehors du Japon et si vous êtes au Japon, je vous conseille d’aller en Corée, ce sera beaucoup moins cher.

Enfin, si vous sentez que ça embête un peu l’entreprise de vous sponsoriser et de faire les démarches pour vous, n’hésitez pas à prendre les devants et proposez-leur de le faire vous-même. Alors évidemment, c’est un peu de préparation mais vous verrez, ça enlèvera un grand poids à votre futur employeur surtout pour les petites entreprises.

Billets et pièces japonais

Billets et pièces japonais

Rémunération des stages au Japon

Ce que dit la loi et la réalité

Autant vous dire les choses clairement dès le début, au Japon les stages sont très mals payés voire pas du tout, oscillant entre 1.000 et 1.200 Yen de l’heure brut, soit 7,50 à 9 euros donc si votre but c’est juste de gagner de l’argent, un petit boulot vous rapportera plus.

Par ailleurs, si vous n’êtes pas étudiant, la question ne se pose pas car vous aurez intérêt à trouver plutôt un CDI parce qu’un salaire de stagiaire ne permet pas de vivre décemment au Japon.

Dans la grande majorité des stages au Japon, c’est plutôt ce que j’appellerais un travail d’apprenti ou un arbaito, à savoir une formation de 1 à 3 jours, ce qu’ils appellent les «tanki intan» qui sont généralement non payés, appelés «mukyuu intanshippu».

Ensuite vous avez ce qui nous intéresse un peu plus, les stages d’un peu plus longue durée: les «yuukyuu intanshippu» qui sont payés en général 8.000 Yen la journée, soit 60 euros plus le transport.

Pour ceux qui comprendront la nuance, ça s’apparente plus pour moi au sens littéral de «kenshuu» qui veut dire apprentissage ou formation qu’une réelle professionnalisation sauf si vous mettez les choses au clair dès le début.

Pour info, au Japon, vous avez quatre modes de rémunération: «jikyu» à l’heure, «nikkyu» à la journée, «Gekkyu» au mois et «dekidakasei» par projet.

La loi japonaise est clairement en faveur des entreprises et ça, les employeurs l’ont bien compris. L'article 9 du code du travail japonais indique que quel que soit la nature du travail accompli, l’employeur a un devoir de paiement envers l’employé. Par ailleurs, la note complémentaire du 18 septembre 1997 précise que si lors des stages, il y a un rapport de subordination employeur-employé alors l’employeur doit se conformer à cet article 9.

Donc, normalement, stage égale travail. Jusque-là tout paraît réglo, mais en réalité les entreprises vont souvent faire passer ces stages pour des formations purement didactiques sans réel apport à l’entreprise et ce même si vous participez activement au quotidien.

Comme vous pouvez le deviner, la frontière entre travail et formation est très mince. Cela s’explique par l’idée sous-jacente très répandue au Japon que c’est l’entreprise qui vous fait la faveur de vous former gratuitement et qu’il est donc naturel qu’elle ne vous rémunère pas dans ce cas.

Certes, on retrouve aussi cette conception en France mais la législation sur la rémunération obligatoire des stagiaires est beaucoup moins ferme au Japon et donc, au final, l’employeur japonais n’a pas d’obligation de paiement et a toute latitude pour interpréter la loi de la manière la plus avantageuse pour lui.

Bon ça, c’est la théorie parce que, pour les japonais comme pour nous, potentiels candidats étrangers, tout se négocie en fonction de l’intérêt mutuel et surtout des atouts rares et recherchés que vous pouvez avoir.

Enfin, cela va de soi mais une fois que vous aurez décrocher votre stage, faites bien attention à tous les détails de votre contrat ou convention de stage que ce soit le salaire, les heures de travail, le paiement du transport, l’assurance et autres car vous allez voir que ça peut avoir un impact déterminant pour votre vie quotidienne sur place.

Conseils pour un stage au Japon

Conseils pour un stage au Japon

7 conseils critiques pour une recherche de stage optimisée

Bonne préparation = moins de risques

Voici enfin mes 7 conseils capitaux pour décrocher votre stage dans les meilleures conditions possibles.

  1. Si possible, commencer vos démarches au moins un an à l’avance car pour obtenir votre certificat d’éligibilité vous pouvez attendre de longs mois.
  2. Essayer de terminer l’envoi de vos candidatures avant le mois d’avril car c’est la date butoir de clôture des budgets au Japon.
  3. Soyez méthodique et faites un suivi de vos candidatures, quitte à relancer les entreprises.
  4. Assurez-vous bien du contenu de votre stage encore trop de personnes découvrent une fois sur place que leur stage n’a rien à voir avec ce qui a été discuté.
  5. Prenez un billet avec un retour échangeable. On n’est jamais trop prudent.
  6. En considérant que vous habitez dans une grande ville telle que Tokyo, je vous conseille vivement de négocier au moins un salaire de 150.000 Yen, soit environ 1.100 euros, ce qui me paraît être le minimum pour vivre décemment au Japon.
  7. Partez avec un minimum de ressources. J’ai moi-même dû trouver un autre stage sur place, suite à des problèmes économiques de ma première entreprise qui avait donc dû se séparer de moi.

Et voilà, c’est tout pour ce guide ultime. J’espère que ces informations vous aideront dans votre projet de décrocher un stage au Japon car même s’il est vrai que trouver un stage n’est pas chose facile, je peux vous assurer que ça vaut vraiment la peine de surmonter les obstacles.

Personnellement, même si évidemment il y a eu des moments difficiles je ne regrette absolument pas mon stage au Japon.


Liste des site où vous pouvez trouver des stages et des jobs (en anglais et japonais):

Crédits photos:
River City 21 par Mirai Takahashi sous CC BY-NC-ND 4.0
A Okay par gullevek sous CC BY-NC-ND 4.0
Love the Japanese but hate the people par Stefan Lins sous CC BY-NC 4.0
JR EAST par hans-johnson sous CC BY-ND 4.0
Shibuya Crossing par Ashley sous CC BY-NC-ND 4.0

Le Bento de Sammy

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