L’histoire des femmes dans la féodalité japonaise (1/2)
L'image que la plupart d'entre nous avons du Japon féodal est centrée autour du Samouraï servant son maître jusqu'à la mort, souvent lors d'une bataille, dominé par des valeurs et des archétypes masculins et virils. Cependant, la période des Samouraï est aussi emaillée d'exploits de femmes guerrières qui ont été immortalisés à travers des estampes, poèmes ou pièces de théâtre.
Elles avaient seulement 3 dénominations en fonction de leurs "origines":
- Onna bugeisha (ou onna musha): femme de samouraï et puis par extension femme-samouraï, compagne d'un bretteur et dans la globalité d'origine kuge ou buke!
- Onna mushashya: femme guerrière qui a contrario n'avait pas à proprement parler de relation avec une personne des castes précédemment citées, mais qui a suivi un "cursus" plus traditionnel d'acquisition du savoir martial.
- Onna shisho: Maître, instructeur, O-senseï si on doit faire un parallèle avec la hiérarchie martiale. Ce type d'onna est la position la plus élevée qu'une combattante puisse espérer.

A noter qu'il était impossible de différencier une mushashya d'une bugeisha/musha car elles se ressemblaient en tous points.
En règle générale, ces classes ont existé en même temps que les castes masculines, à partir de la période Heian jusqu'à la fin Meiji, avec une recrudescence lors de la la période Sengoku (chaos japonais ou provinces combattantes), puisque par dépit les femmes devaient défendre les fortifications face aux Nobushi (mercenaires/pilleurs).
Ces classes étaient à l'opposé de l'idéal de dévotion que la femme devait appliquer: dans ce cas elles étaient alors nommées Kani et Okusan (personnes des recoins de la maison).
En 1687, le Nanshoku Okagami, le best-seller de l'époque, va plus loin en indiquant que "la femme est une créature qui n'a absolument aucune importance" et pour cela prône fortement les pratiques homosexuelles chez les Samouraï!
De grand noms ont jalonnés ces différentes époques:
- Jingu Teno, la plus ancienne onna bugeisha connue, à la fin du 2ème siècle.
- Aoi Gozen
- Hangaku Gozen
- Tomoe Gozen
- Tsuru Hime
- Kai Hime, femme du célèbre Toyotomi Heydoshi.
- Les soeurs Miyagino et Shinobu, issues de la classe rurale "basse".
- Sasaki Rui, la plus fameuse des onna shisho.
- Yamamoto Yaeko, la dernière onna connue).
- Nakano Takeko qui inspira le film « le dernier samouraï ».
La deuxième partie de cet article présentera ces femmes exceptionnelles, mais il faut noter qu'il en existe beaucoup d'autres qui ont marquées le japon.

Durant toutes les périodes, des temps anciens à la fin Meiji, les onna n'avaient en aucun cas les mêmes faveurs que les castes militaires "standards" comme les Bushi, les Samouraï, etc... Aucunes des 40 armes des buke ou kuge ne leur étaient autorisées. Du coup, un point commun regroupe les 3 dénominations d'onna: les armes utilisées! Elles ont dû se rabattre sur des armes et styles de combat un peu moins nobles (liste non-exhaustive):
- Naginata/naginata-jutsu (voire Nagamaki): utilisé au début comme outil des champs, elles passèrent très vite à la maîtrise de cette arme permettant de couper les jarrets des montures des cavaliers tout en se tenant à bonne distance et asséner des coups mortels au cavalier! Arme redoutable permettant de maintenir à distance tous les nihonto!
- Tanto/tanto-jutsu et sa variante le kaiken (longueur de 15 cm) plus apte à se metre dans les plis d'un Obi.
- Shin-sumo: pratique très ancienne de combat au corps identique à ce que l'on peux voir pratiquer par les rikishi, par la suite au XVIIéme siècle cet art fût associé à la prostitution et éradiqué en 1926 pour atteinte aux bonnes moeurs.
- Kyudo/kyujutsu: le tir à l'arc japonais, art martial d'excellence pour les guerrières du fait qu'une harmonie parfaite est requise (surtout lors du Kaï et du Hanare), s'inscrivant dans les arts féminins. En un sens c'est la pratique de cela qui a permis aux onna d'accéder au rang de combattante à part entière puisqu'ayant accès à une arme noble!
- Daitoryu Aikijujutsu/Aiki-in-yo-ho: harmonisation des forces permettant de vaincre tout combattant de force supérieure en contrôlant tout rapport conflictuel! Par extension cela permettait de désarmer/retourner les armes de ses adversaires.
- Lors de la fin de la période Kamakura, début Kenmu, les onna accédent enfin aux nihonto (lames de bretteur), ce qui donne des situations parfois cocasses: par exemple, Tomoe Gozen avait pris l'habitude de combattre avec un odachi d'une longueur de plus de 175 cm (nihonto similaire à ce que Kurusan Yakuse utilisait).
A noter que durant toutes leur existence, les classes de onna n'avaient aucun droit à prétendre au Seppuku quand cela était nécessaire. Elles se faisaient alors Jigaï (procédé consistant à se trancher la jugulaire: l'intérêt étant de ne pas détériorer le corps ou le visage lors de cette pratique, un seul tissu permettait de cacher la gorge tranchée).

Bien que dans la grand majorité des cas, si le choix leur était permis, elles se saisissaient de leur kaiken à 2 mains, le collaient contre leur poitrine et fonçaient avec toute leur énergie sur leur adversaire comme des "lames vivantes". Pour remettre les choses dans leur contexte: les femmes soldats ne se retrouvaient jamais prisonnières comme les castes nobles (kuge ou buke), mais finissaient inévitablement dans des bordels, donc à choisir, aucune ne prenait la dernière possibilité, de raison!
Au milieu de la période Edo, le Japon connait une période très calme imposée par le shogun Ieyasu Tokugawa, le confucianisme apparaît afin de canaliser/calmer les castes militaires dont les onna font maintenant part entière. Elles sont alors cantonnées à deux seules fonctions: s'occuper de leur mari et entrenir le domicile. Elles abandonnent la voie du Bushi-Do ou du Buke-Sho-Hatto, pour adopter plus ou moins volontairement le Shido (codes de bienséance en société). Celui-ci a pour but de "remettre les femmes à leur place". La femme n'est désormais là que pour servir son mari, ce qui se voit par exemple dans le fait qu'ils font chambre à part et que la femme ne voit son mari qu'à la demande de celui-ci! (De rares couples japonais de notre époque suivent encore les préceptes confucéens).
Paradoxalement cette période permet aux onna de perfectionner leurs arts martiaux, et on voit apparaître de très nombreuses koryu destinées aux onna et spécialisées dans le naginata.
Cette période de paix nommée Pax Tokugawa se termine avec l'ère Meiji (plus précisément en 1868), qui divise les classes des onna en deux camps bien distinct:
- Celles pour qui le retour aux temps anciens est primordial: elles sont pour le Shogunat de Tokugawa et de ce fait contre l'Empereur. Elles suivent le clan Aizu.
- Celles à l'opposé qui souhaitent l'avènement de l'Empereur et se rangent dans les clans Choshu et Satsuma.
Les premières font face avec brio à des troupes entièrement modernisées par les français, une artillerie par les allemands et une cavalerie par les américains.
C’est lors de cette guerre de Boshin que l’on revoit des bandes militarisées de femmes portant haut leur naginata et taillant en pièces leurs ennemis (les plus connues étant Yamamoto Yaeko et Nakano Takeko), mais la technologie sera la plus forte et cette guerre, ainsi que la rébellion du clan Satsuma en 1877, se finira tragiquement pour les onna du Shogun. La guerre de Boshin est retranscrite dans le film "le dernier samouraï" mais il est à noter que nulle part dans ce film les onna Yaeko et Takeko ne sont citées.
ジルダス シドブル
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Je me trompe peut être, mais les français s'étaient rangés du côté du shogun pendant la guerre de Boshin si je me souviens bien. Et avaient aidés à la modernisation de leurs troupes. Les troupes de l'empereur avaient reçu elles le soutien "beaucoup plus conséquent" des Anglais .
Oui, l'armée a d'abord été formée par les français, puis, suite à la défaite de la France fasse à l'Allemagne naissante, par les allemands.