Porte-avions japonais Kaga de la Marine impériale en mer, acteur majeur de la guerre du Pacifique (Seconde Guerre mondiale)

Le porte-avions Kaga: fierté de la marine impériale japonaise et acteur majeur de la seconde guerre mondiale

Parmi les géants d'acier qui ont sillonné les eaux du Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale, le porte-avions Kaga occupe une place à part dans l'histoire navale. Navire emblématique de la marine impériale japonaise, le Kaga incarne à lui seul l'évolution spectaculaire de la guerre aéronavale au XXᵉ siècle et la montée en puissance de l'Empire du Soleil Levant comme force maritime dominante.

Son histoire est celle d'une métamorphose extraordinaire: conçu initialement comme un puissant cuirassé, il fut transformé en l'un des porte-avions les plus redoutables de son époque. Du raid dévastateur sur Pearl Harbor aux eaux fatidiques de Midway, le Kaga a participé aux moments les plus décisifs du conflit dans le Pacifique.

Dans cet article, nous retracerons l'épopée complète de ce mastodonte des mers. Nous explorerons ses origines inattendues, sa transformation radicale, ses campagnes militaires marquantes, et enfin sa fin tragique lors de l'une des batailles navales les plus importantes de l'histoire. Plongez avec nous dans le destin fascinant du Kaga, témoin silencieux d'une époque où les porte-avions ont révolutionné l'art de la guerre sur mer.

Origines et conversion: du cuirassé au porte-avions

Un projet de cuirassé ambitieux

L'histoire du Kaga commence en 1920, dans les chantiers navals de Kawasaki à Kobe. A l'origine, ce navire n'était pas destiné à devenir un porte-avions. La marine impériale japonaise avait commandé sa construction comme cuirassé de classe Tosa, un programme naval ambitieux visant à doter le Japon d'une flotte de combat capable de rivaliser avec les puissances occidentales.

Schéma technique du cuirassé de classe Tosa de la Marine impériale japonaise, vue de profil et de dessus, conception finale 1918
Schéma technique du cuirassé de classe Tosa (1918) - Marine impériale japonaise. Vue latérale et vue de dessus montrant la disposition des tourelles d'artillerie, superstructure et blindage

Le cuirassé Kaga devait être une forteresse flottante impressionnante:

  • Déplacement prévu: environ 39.900 tonnes
  • Armement principal: 10 canons de 410 mm répartis en cinq tourelles doubles
  • Vitesse maximale: 26,5 nœuds
  • Blindage: protection lourde sur la ceinture et les tourelles

Ce navire représentait le summum de la technologie navale de l'époque et incarnait les ambitions expansionnistes du Japon dans le Pacifique.

Le traité naval de Washington: un tournant décisif

En 1922, le traité naval de Washington bouleverse les plans de toutes les grandes puissances maritimes. Cet accord international, signé par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la France et l'Italie, impose des limitations strictes sur le tonnage des flottes de guerre. Pour le Japon, cela signifie l'arrêt de plusieurs programmes de construction navale, dont celui des cuirassés de classe Tosa.

Le traité prévoyait cependant une exception cruciale: les nations signataires pouvaient convertir certains coques de cuirassés ou de croiseurs de bataille en porte-avions. Le Japon décida initialement de transformer le croiseur de bataille Amagi plutôt que le Kaga. Mais le destin en décida autrement.

Le séisme de 1923 et la renaissance du Kaga

Le 1er septembre 1923, le grand séisme de Kantō frappe le Japon avec une violence dévastatrice. Ce tremblement de terre, d'une magnitude estimée à 7,9, provoque des destructions massives dans la région de Tokyo et Yokohama. Parmi les victimes collatérales figure l'Amagi, dont la coque en construction dans les chantiers de Yokosuka est irrémédiablement endommagée.

Face à cette catastrophe, la marine impériale japonaise doit trouver une solution de remplacement. Le choix se porte sur le Kaga, dont la construction avait été suspendue. Ainsi commence la transformation de ce qui devait être un cuirassé en porte-avions.

Une configuration initiale unique à trois ponts

Porte-avions japonais Kaga en configuration initiale à trois ponts d'envol, navire de la Marine impériale japonaise avant sa modernisation, vue historique colorisée en mer.
Le porte-avions Kaga de la Marine impériale japonaise présentant sa structure unique à trois ponts d'envol superposés, une conception expérimentale des années 1920 avant sa reconstruction en pont unique.

Lorsque le Kaga est finalement mis en service le 31 mars 1928, il présente une silhouette inhabituelle qui le distingue de tous les autres porte-avions de l'époque. Sa configuration initiale comprend un système révolutionnaire à trois ponts d'envol:

  • Pont d'envol supérieur: utilisé principalement pour les opérations de récupération des avions
  • Pont intermédiaire: destiné au lancement des chasseurs légers
  • Pont inférieur: réservé au décollage des bombardiers-torpilleurs plus lourds

Cette disposition ingénieuse visait à accélérer les opérations aériennes en permettant des décollages et des atterrissages simultanés. Les hangars étaient disposés sur plusieurs niveaux, maximisant la capacité d'emport d'aéronefs.

Caractéristiques techniques du Kaga (configuration 1928):

CaractéristiqueSpécification
Déplacement26.900 tonnes (standard)
Longueur238,5 mètres
Largeur29,6 mètres
Vitesse maximale27,5 nœuds
Capacité aérienne60 appareils
Équipageenviron 1 340 hommes
Armement10 canons de 200 mm, 12 canons de 120 mm AA

Le Kaga était également équipé d'un système d'échappement latéral distinctif, avec ses cheminées orientées vers le bas le long de la coque, une solution destinée à éviter que les gaz d'échappement ne perturbent les opérations aériennes sur le pont d'envol.


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Modernisation des années 1930: une transformation radicale

Les limites de la conception originale

Malgré son concept innovant, le Kaga dans sa configuration initiale présentait plusieurs défauts opérationnels majeurs. Le système à trois ponts, bien qu'ingénieux sur le papier, s'avéra problématique dans la pratique:

  • Les ponts inférieurs étaient trop courts pour permettre le décollage des avions modernes, plus lourds et plus rapides.
  • La coordination des opérations sur trois niveaux différents générait une complexité excessive.
  • L'évolution rapide de l'aviation embarquée rendait le concept obsolète.
  • Les contraintes structurelles limitaient la taille des aéronefs pouvant être embarqués.

De plus, le Kaga souffrait de problèmes de stabilité et d'une vitesse insuffisante pour les opérations de flotte combinées avec les autres unités de la marine impériale japonaise.

La grande reconstruction de 1934-1935

Schéma technique du porte-avions Kaga avec configuration de deuxième pont - vue latérale, pont de vol et coupe transversale montrant l'agencement des aéronefs de la Marine impériale japonaise
Ce schéma technique présente les vues de profil et de dessus du porte-avions japonais Kaga, illustrant précisément l'agencement de son pont d'envol et la disposition opérationnelle de son escadrille aérienne.

Entre 1934 et 1935, le Kaga subit une reconstruction majeure dans les chantiers navals de Sasebo. Cette modernisation complète transforma radicalement le navire, lui conférant la silhouette massive et distinctive pour laquelle il est resté célèbre.

Les principales modifications apportées:

  • Pont d'envol unique et allongé: un seul pont de 248,6 mètres de long remplaça le système à trois niveaux, offrant une surface d'opération continue et optimisée.
  • Nouvelle proue: l'étrave fut redessinée pour améliorer la navigabilité et réduire les embruns sur le pont d'envol.
  • Système de propulsion amélioré: de nouvelles chaudières et turbines portèrent la vitesse maximale à 28,3 nœuds.
  • Capacité aérienne augmentée: le hangar réaménagé pouvait désormais accueillir jusqu'à 90 appareils (72 opérationnels plus des réserves).
  • Îlot de commandement: ajout d'une petite superstructure sur tribord pour les opérations de contrôle aérien.

Caractéristiques techniques du Kaga après modernisation (1935):

CaractéristiqueSpécification
Déplacement38.200 tonnes (standard), 43.650 tonnes (pleine charge)
Longueur247,6 mètres (hors tout)
Largeur32,5 mètres
Tirant d'eau9,5 mètres
Vitesse maximale28,3 nœuds
Autonomie10.000 milles nautiques à 16 nœuds
Capacité aérienne72-90 appareils
Équipageenviron 2.000 hommes
Armement défensif10 canons de 200 mm, 16 canons de 127 mm AA, 22 canons de 25 mm AA

Une silhouette reconnaissable entre toutes

Après sa modernisation, le Kaga arborait une apparence unique dans la flotte japonaise. Sa silhouette massive, caractérisée par un pont d'envol immense et une coque imposante, en faisait l'un des plus grands porte-avions du monde à l'époque.

Le système d'évacuation des fumées fut également repensé. Les cheminées furent incurvées vers le bas et dirigées vers l'extérieur de la coque, créant cette signature visuelle distinctive qui permettait aux observateurs de l'identifier immédiatement.

Le Kaga modernisé représentait désormais une plateforme aérienne de premier ordre, capable d'opérer les appareils les plus modernes de la marine impériale japonaise:

Le Kaga au combat: Pearl Harbor et au-delà

L'intégration à la Kido Butai

Au début des années 1940, la stratégie navale japonaise connut une évolution majeure avec la création de la Kido Butai (機動部隊, littéralement "Force Mobile"). Cette force de frappe aéronavale révolutionnaire rassemblait les six plus puissants porte-avions de la Marine Impériale Japonaise:

  1. Akagi (navire amiral)
  2. Kaga
  3. Sōryū
  4. Hiryū
  5. Shōkaku
  6. Zuikaku

Le Kaga, aux côtés de l'Akagi, formait la 1re Division de porte-avions, constituant le cœur de cette armada aérienne sans précédent. Ensemble, ces six navires pouvaient déployer plus de 400 avions de combat, une concentration de puissance aérienne jamais vue auparavant dans l'histoire navale.

Cette force était placée sous le commandement du Vice-amiral Chūichi Nagumo, un officier expérimenté mais traditionnellement orienté vers la guerre de surface plutôt que vers l'aviation embarquée. Cette particularité aurait des conséquences dramatiques lors des batailles décisives à venir.

L'attaque de Pearl Harbor: 7 décembre 1941

Le 26 novembre 1941, la Kido Butai appareilla de la baie de Hitokappu, dans les îles Kouriles, en direction de Hawaï. Cette traversée secrète à travers le Pacifique Nord, par des routes maritimes peu fréquentées et sous le couvert du mauvais temps, représentait un exploit logistique remarquable.

Le matin du 7 décembre 1941, le Kaga lança ses avions contre la base navale américaine de Pearl Harbor. Le groupe aérien du porte-avions comprenait:

Première vague d'attaque (contribution du Kaga):

  • 9 chasseurs Mitsubishi A6M2 Zero pour l'escorte et la supériorité aérienne
  • 27 bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N "Kate" armés de torpilles modifiées pour les eaux peu profondes
  • 18 bombardiers en piqué Aichi D3A "Val"

Deuxième vague d'attaque:


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  • 9 chasseurs Zero supplémentaires
  • 27 bombardiers en piqué Val
  • 27 bombardiers horizontaux B5N

Les pilotes du Kaga participèrent activement à la dévastation de la flotte américaine du Pacifique. Les bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N larguèrent leurs torpilles Type 91 contre les cuirassés amarrés le long de "Battleship Row". Parmi les navires touchés figuraient l'USS Arizona, l'USS Oklahoma et l'USS West Virginia.

Bilan de l'attaque:

  • 8 cuirassés américains endommagés ou coulés
  • 188 avions détruits au sol
  • 2.403 militaires et civils américains tués
  • Pertes japonaises: 29 avions, 5 sous-marins de poche

Le Kaga lui-même perdit 15 avions lors de cette opération, le bilan le plus lourd parmi les porte-avions de la Kido Butai ce jour-là. Malgré ces pertes, l'attaque fut considérée comme un succès tactique retentissant, même si elle ne parvint pas à détruire les porte-avions américains, absents du port ce matin-là.

Les opérations dans le Pacifique Sud

Après le triomphe de Pearl Harbor, le Kaga poursuivit sa campagne victorieuse à travers le Pacifique. Au cours des premiers mois de 1942, la Kido Butai sembla invincible, projetant sa puissance aérienne sur des milliers de kilomètres.

Raid sur Rabaul (janvier 1942):

Le Kaga participa aux opérations de soutien à l'invasion de Rabaul, en Nouvelle-Bretagne. Ses avions neutralisèrent les défenses aériennes australiennes et facilitèrent le débarquement des troupes japonaises. Cette base stratégique deviendrait un point d'appui majeur pour les opérations japonaises dans le Pacifique Sud.

Raid sur Darwin (19 février 1942):

Dans ce qui reste le plus important raid aérien jamais mené contre le territoire australien, les avions du Kaga et des autres porte-avions de la Kido Butai dévastèrent la ville de Darwin. L'attaque causa des dégâts considérables aux installations portuaires et militaires, coulant plusieurs navires et détruisant de nombreux avions.

Raid dans l'océan Indien (avril 1942):

Le Kaga participa à l'incursion de la Kido Butai dans l'océan Indien, visant les forces britanniques à Ceylan (actuel Sri Lanka). Lors de ces opérations, les avions japonais coulèrent le porte-avions HMS Hermes, les croiseurs HMS Cornwall et HMS Dorsetshire, ainsi que plusieurs autres navires. Ce raid démontra la portée opérationnelle extraordinaire de la force aéronavale japonaise.

Cependant, lors de ces opérations, le Kaga subit des dommages nécessitant des réparations. Le navire fut contraint de retourner au Japon pour une période de maintenance, manquant ainsi la bataille de la mer de Corail en mai 1942. Cette absence fortuite devait lui permettre de participer à l'opération suivante: l'invasion de l'atoll de Midway.

La fin tragique à la bataille de Midway

Le piège de Midway

L'amiral Isoroku Yamamoto, commandant en chef de la flotte combinée japonaise, élabora un plan ambitieux pour attirer et détruire ce qui restait de la flotte américaine du Pacifique. L'objectif était de s'emparer de l'atoll de Midway, une position stratégique à mi-chemin entre le Japon et Hawaï, tout en attirant les porte-avions américains dans un piège mortel.

Ce que les Japonais ignoraient, c'est que les services de renseignement américains avaient percé le code naval japonais JN-25. L'amiral Chester Nimitz connaissait les grandes lignes du plan ennemi et prépara une embuscade avec les porte-avions USS Enterprise, USS Hornet et USS Yorktown.

La Kido Butai, réduite à quatre porte-avions après les pertes à la mer de Corail (Shōkaku endommagé, Zuikaku avec un groupe aérien décimé), se dirigea vers Midway avec le Kaga en première ligne:

  • Akagi (navire amiral)
  • Kaga
  • Sōryū
  • Hiryū

Le matin du 4 juin 1942

A l'aube du 4 juin 1942, la Kido Butai lança sa première vague d'attaque contre l'atoll de Midway. Les bombardiers japonais causèrent des dégâts significatifs aux installations américaines, mais les défenses terrestres résistèrent avec acharnement.


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Sur les porte-avions japonais, une confusion fatale s'installa. L'amiral Nagumo, incertain de la présence de navires américains dans la zone, ordonna à ses équipages de réarmer les avions de la seconde vague. Les bombardiers-torpilleurs, initialement équipés de torpilles pour attaquer d'éventuels navires, devaient maintenant être réarmés avec des bombes pour une seconde frappe sur Midway.

Puis arrivèrent les rapports d'un avion de reconnaissance: une force navale américaine avait été repérée, incluant possiblement un porte-avions. Nagumo ordonna un contre-ordre: il fallait réarmer à nouveau les avions avec des torpilles. Dans les hangars du Kaga et des autres porte-avions, les équipages travaillaient frénétiquement, empilant les bombes et les torpilles sur les ponts dans leur précipitation.

L'attaque des Dauntless

Entre 7h00 et 10h00 du matin, les porte-avions japonais repoussèrent vague après vague d'attaques américaines. Les bombardiers-torpilleurs Douglas TBD Devastator de l'USS Hornet et de l'USS Enterprise furent massacrés par les chasseurs Zero de la patrouille de défense aérienne et par l'intense DCA des navires d'escorte. Le Torpedo Squadron 8 de l'Hornet fut anéanti: sur 15 avions, un seul pilote survécut.

Mais ces attaques sacrificielles eurent un effet crucial: elles attirèrent les chasseurs Zero à basse altitude et désorganisèrent la défense aérienne japonaise.

A 10h22, alors que les ponts d'envol japonais étaient encombrés d'avions armés et ravitaillés, prêts à décoller pour une contre-attaque, le destin frappa.

Les bombardiers en piqué Douglas SBD Dauntless des escadrons VB-6 et VS-6 de l'USS Enterprise, ainsi que du VB-3 de l'USS Yorktown, plongèrent du ciel. Les chasseurs Zero, occupés à poursuivre les torpilleurs à basse altitude, ne purent intercepter cette attaque venue de très haute altitude.

La destruction du Kaga

Le Kaga fut le premier des porte-avions japonais à être touché. Le lieutenant Clarence W. McClusky mena ses Dauntless dans un piqué meurtrier sur le pont d'envol du géant japonais.

L'impact fut catastrophique:

  • Première bombe: frappa près de l'îlot de commandement, tuant instantanément le capitaine Jisaku Okada et la plupart de ses officiers supérieurs.
  • Deuxième bombe: perfora le pont d'envol et explosa dans le hangar supérieur.
  • Troisième bombe: pénétra jusqu'au hangar inférieur.
  • Quatrième bombe: toucha la zone arrière du pont d'envol.

Les bombes firent exploser les avions armés et ravitaillés qui encombraient les hangars et le pont d'envol. Les munitions et le carburant aviation créèrent un enfer de flammes que les équipes de lutte contre l'incendie ne purent maîtriser.

Le Kaga se transforma en brasier flottant. Les explosions secondaires se succédèrent alors que les réserves de munitions prenaient feu les unes après les autres. La chaleur intense fit fondre les superstructures et rendit impossible tout effort de sauvetage dans certaines parties du navire.

Pendant des heures, le Kaga dériva, proie des flammes. Les survivants tentèrent désespérément de contrôler l'incendie, mais la situation était désespérée. Les explosions continuaient, propageant le feu à de nouvelles sections du navire.

Le naufrage

Dans la soirée du 4 juin 1942, le destroyer Hagikaze reçut l'ordre d'achever le Kaga agonisant. Deux torpilles furent lancées contre la coque du porte-avions, accélérant son naufrage.

Le Kaga sombra dans les profondeurs du Pacifique aux premières heures du 5 juin 1942, emportant avec lui une partie significative de son équipage.

Bilan humain de la perte du Kaga:

  • Environ 811 hommes périrent dans le naufrage.
  • Les survivants furent récupérés par les destroyers d'escorte.
  • Parmi les morts figurait le capitaine Okada, tué dès les premiers instants de l'attaque.

Le même jour, les porte-avions Akagi, Sōryū et Hiryū connurent un sort similaire. En quelques heures, la bataille de Midway avait anéanti le cœur de la Kido Butai, renversant définitivement le cours de la guerre dans le Pacifique.


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Héritage et découverte de l'épave

Un tournant dans l'histoire navale

La perte du Kaga et de ses navires jumeaux à Midway marqua un point de non-retour pour la marine impériale japonaise. Plus jamais le Japon ne retrouverait la supériorité aéronavale qui lui avait permis de dominer le Pacifique occidental pendant les six premiers mois du conflit.

Le Kaga incarne parfaitement l'évolution de la guerre navale au XXᵉ siècle:

  • Sa conversion d'un cuirassé en porte-avions symbolise le passage de l'ère des canons à celle de l'aviation.
  • Son rôle à Pearl Harbor démontra le potentiel dévastateur des forces aéronavales.
  • Sa destruction à Midway prouva que cette même puissance pouvait être retournée contre ses créateurs.

La découverte de l'épave en 2019

Pendant plus de sept décennies, le Kaga reposa dans l'obscurité des abysses du Pacifique, son emplacement exact demeurant inconnu. Ce n'est qu'en octobre 2019 que l'expédition menée par le navire de recherche Petrel, financée par le cofondateur de Microsoft Paul Allen (décédé en 2018), découvrit l'épave.

Caractéristiques de la découverte:

  • Profondeur: environ 5.400 mètres.
  • État: remarquablement bien préservé compte tenu de la profondeur et du temps écoulé.
  • Localisation: au nord-ouest de l'atoll de Midway.

Les images captées par les véhicules sous-marins télécommandés révélèrent une épave fantomatique, reposant à l'endroit sur le fond océanique. Malgré les dégâts causés par l'attaque et le naufrage, de nombreux détails architecturaux restaient identifiables, témoins silencieux du drame de juin 1942.

Cette découverte permit aux historiens et aux familles des marins disparus de faire leur deuil et de mieux comprendre les derniers moments du navire. L'épave du Kaga est aujourd'hui considérée comme un site de sépulture de guerre protégé.

Conclusion

Le porte-avions Kaga représente bien plus qu'un simple navire de guerre: il incarne une révolution dans l'art de la guerre maritime. Né d'un traité international et d'une catastrophe naturelle, transformé et modernisé pour devenir l'un des porte-avions les plus puissants de son temps, le Kaga a participé aux moments les plus décisifs de la guerre du Pacifique.

De l'aube sanglante de Pearl Harbor aux flammes fatidiques de Midway, son histoire illustre à la fois l'apogée et la chute de la puissance aéronavale japonaise. Les chasseurs Zero, les bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N et les bombardiers Aichi D3A qui ont décollé de son pont d'envol ont changé le cours de l'histoire mondiale.

La découverte de son épave en 2019 a refermé un chapitre longtemps resté ouvert, offrant un lieu de mémoire pour les milliers d'hommes qui ont servi à bord et pour ceux qui y ont trouvé la mort. Le Kaga repose désormais en paix dans les profondeurs du Pacifique, gardien silencieux des secrets d'une époque révolue.

Pour les passionnés d'histoire militaire et d'aéronavale, le Kaga demeure un sujet d'étude fascinant. Son histoire nous rappelle que la supériorité technologique et tactique peut basculer en un instant, et que les plus grandes puissances ne sont jamais à l'abri d'un revers de fortune. Plus de huit décennies après son naufrage, le Kaga continue d'inspirer les historiens, les modélistes et tous ceux qui cherchent à comprendre comment la guerre aéronavale a transformé les conflits du XXe siècle.

Foire aux questions (FAQ)

Le Kaga était un porte-avions de la Marine Impériale Japonaise, initialement conçu comme cuirassé de classe Tosa puis converti en porte-avions suite au Traité naval de Washington (1922). Mis en service en 1928, il fut l'un des six porte-avions de la Kido Butai et participa à l'attaque de Pearl Harbor avant d'être coulé à la bataille de Midway en juin 1942.

Le Traité naval de Washington de 1922 imposait des limitations strictes sur le tonnage des flottes de guerre. Le Japon devait abandonner la construction de plusieurs cuirassés, mais le traité autorisait la conversion de certaines coques en porte-avions. Le Kaga fut choisi pour remplacer le croiseur de bataille Amagi, endommagé par le séisme de Kantō en 1923.

Dans sa configuration de 1928, le Kaga possédait un système unique à trois ponts d'envol superposés, permettant théoriquement des décollages et atterrissages simultanés. Cette conception fut abandonnée lors de la modernisation de 1934-1935 au profit d'un pont d'envol unique et allongé.

Après sa reconstruction de 1934-1935, le Kaga mesurait 247,6 mètres de long, 32,5 mètres de large, avec un déplacement de 38 200 tonnes (standard) à 43.650 tonnes (pleine charge). Il pouvait atteindre 28,3 nœuds et embarquer de 72 à 90 aéronefs.

Après modernisation, le Kaga pouvait embarquer jusqu'à 90 appareils, dont environ 72 opérationnels. Son groupe aérien comprenait des chasseurs Mitsubishi A6M Zero, des bombardiers en piqué Aichi D3A "Val" et des bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N "Kate".


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L'équipage du Kaga comptait environ 2.000 hommes après sa modernisation, incluant les pilotes et le personnel de maintenance aéronautique.

Le 7 décembre 1941, le Kaga a lancé deux vagues d'attaque comprenant des chasseurs Zero, des bombardiers-torpilleurs B5N et des bombardiers en piqué D3A. Ses avions ont participé à la destruction de plusieurs cuirassés américains sur "Battleship Row". Le Kaga a perdu 15 avions ce jour-là, le bilan le plus lourd parmi les porte-avions japonais.

La Kido Butai (機動部隊, "Force mobile") était la force de frappe aéronavale d'élite de la marine impériale japonaise, regroupant les six plus puissants porte-avions japonais : Akagi, Kaga, Sōryū, Hiryū, Shōkaku et Zuikaku. Ensemble, ils pouvaient déployer plus de 400 avions de combat.

Outre Pearl Harbor, le Kaga a participé au raid sur Rabaul (janvier 1942), au bombardement de Darwin en Australie (février 1942) et au raid dans l'océan Indien contre les forces britanniques à Ceylan (avril 1942).

Le 4 juin 1942, lors de la bataille de Midway, le Kaga fut touché par quatre bombes larguées par des bombardiers en piqué Douglas SBD Dauntless de l'USS Enterprise. Les bombes firent exploser les avions armés et ravitaillés sur le pont et dans les hangars, provoquant un incendie incontrôlable. Le navire fut achevé par des torpilles du destroyer Hagikaze et coula dans la nuit du 4 au 5 juin.

Environ 811 membres d'équipage ont péri lors du naufrage du Kaga, dont le capitaine Jisaku Okada, tué dès les premiers impacts.

Midway marqua la perte de quatre porte-avions japonais (Akagi, Kaga, Sōryū, Hiryū) en une seule journée, ainsi que de centaines de pilotes expérimentés. Cette défaite mit fin à l'expansion japonaise dans le Pacifique et transféra l'initiative stratégique aux États-Unis.

L'épave du Kaga a été découverte en octobre 2019 par l'équipe du navire de recherche R/V Petrel, financé par la fondation de Paul Allen (cofondateur de Microsoft). Elle repose à environ 5 400 mètres de profondeur, au nord-ouest de l'atoll de Midway.

Malgré la profondeur extrême et les 77 années passées sous l'eau, l'épave est remarquablement bien préservée. Elle repose à l'endroit sur le fond océanique, et de nombreux détails architecturaux restent identifiables. Le site est protégé en tant que sépulture de guerre.

Non, l'épave est inaccessible au public en raison de sa profondeur extrême (plus de 5 km). Seuls des véhicules sous-marins télécommandés (ROV) peuvent l'atteindre. De plus, le site est considéré comme une sépulture de guerre et bénéficie d'une protection juridique.

Sources et Références

Sources primaires et archives

  1. Naval History and Heritage Command (NHHC)
  2. National Archives and Records Administration (NARA)
    • Documents déclassifiés sur la bataille de Midway
    • Rapports de renseignement sur la flotte japonaise
  3. Japan Center for Asian Historical Records (JACAR)

Ouvrages de référence

  1. Parshall, Jonathan & Tully, Anthony - Shattered Sword: The Untold Story of the Battle of Midway (2005)
    • Analyse détaillée de la perspective japonaise à Midway
    • Potomac Books, ISBN 978-1574889246
  2. Stille, Mark - Imperial Japanese Navy Aircraft Carriers 1921-45 (2005)
    • Osprey Publishing, New Vanguard Series
    • ISBN 978-1841768533
  3. Peattie, Mark R. - Sunburst: The Rise of Japanese Naval Air Power, 1909-1941 (2001)
    • Naval Institute Press
    • ISBN 978-1591146643
  4. Prange, Gordon W. - At Dawn We Slept: The Untold Story of Pearl Harbor (1981)
    • McGraw-Hill, ISBN 978-0140157345
  5. Lundstrom, John B. - The First Team: Pacific Naval Air Combat from Pearl Harbor to Midway (1984)
    • Naval Institute Press, ISBN 978-1591144717

Articles et publications académiques

  1. Zimm, Alan D. - Attack on Pearl Harbor: Strategy, Combat, Myths, Deceptions (2011)
    • Casemate Publishers
    • Analyse technique de l'attaque
  2. Willmott, H.P. - The Barrier and the Javelin: Japanese and Allied Pacific Strategies (1983)
    • Naval Institute Press

Sources numériques et documentaires

  1. Vulcan Inc. / R/V Petrel Expeditions
  2. Nautilus Live / Ocean Exploration Trust
  3. Combined Fleet (combinedfleet.com)
  4. Wikipedia Commons

Musées et institutions

  1. The National WWII Museum (New Orleans)
  2. Pacific Aviation Museum Pearl Harbor
  3. Yamato Museum (Kure, Japon)

Traités et documents historiques

  1. Traité naval de Washington (1922)

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