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Samouraï Marathon par Bernard Rose
Samouraï Marathon par Bernard Rose

Bernard Rose: un Anglais au pays des Samouraï

Entretien avec le réalisateur Bernard Rose

Le 22 février 2019, Samurai Marathon (Samourai Marathon 1855) sortait sur les écrans japonais. Particularités? Le film, signé Bernard Rose, réalisateur du mythique film d’horreur Candyman et produit par Jeremy Thomas (Le Dernier Empereur…) est un ‘Jidai Geki’ qui aborde la période troublée des années précédents la Restauration Meiji non pas sous l’angle des grands bouleversements politiques en gestation mais à travers un événement singulier et anecdotique: le premier marathon dans l’histoire du Japon.

Le script est basé sur le roman ‘The Marathon Samurai: Five Tales of Japan’s First Marathon’ (2014) de Akihiro Dobashi lui-même inspiré de l’épreuve d’endurance organisée en 1855 par le Seigneur d’Annaka (actuelle préfecture de Gunma) et célébrée de nos jours par une course annuelle de 30km.

Bien accueilli par la critique (78% ‘fresh’ chez Rotten Tomatoes), le film bénéficiait d’une pellicule et d’une distribution exceptionnelle (voir liste complète en fin d’article). Présenté dans divers festivals, Samurai Marathon fut choisi pour ouvrir la 18ème édition du Festival International du Film de New York et par la suite Well Go Entertainment acquit les droits pour une sortie DVD/Bluray en Amérique du Nord.

Trois ans après, le metteur en scène Bernard Rose confie quelques souvenirs à Blog Fascinant Japon.

Takeru Satoh et Nana Komatsu
Takeru Satoh et Nana Komatsu

Synopsis: Jinnai (Takeru Sato) est un jeune samourai, membre de la garde rapprochée du Seigneur d’Annaka (Hiroki Hasegawa) mais lorsque ce dernier convoque tous ses guerriers pour un exercice d’ampleur, Jinnai redoute un complot et envoie une missive aux autorités d’Edo. Jinnai est en fait un espion à la solde du Shogun.

Quand il comprend sa méprise – il ne s’agit que d’un marathon destiné à entraîner et aguerrir les combattants du domaine- il est trop tard, un groupe d’assassins est déjà en route.

Le domaine d’Annaka va être confronté à la tourmente et la situation est d’autant plus dramatique que la Princesse Yuki Hime (Nana Komatsu), l’unique enfant du Seigneur, a disparu…

Interview de Bernard Rose

Si ma mémoire est bonne, le producteur Jeremy Thomas vous a proposé d’aller au Japon et de tourner Samuraï Marathon avec une équipe et un casting japonais… pouvez-vous rappeler à nos lecteurs les prémisses du projet?

Jeremy Thomas avait réalisé un certain nombre de films avec Nakazawa Toshiaki (’13 Assassins’ étant le plus connu).

Nakazawa a proposé à Jeremy de co-produire Samurai Marathon, dont il avait déjà développé le scénario par Saito Hiroshi à partir du roman de Dobashi Akihiro.

Jeremy a eu l’idée qu’un réalisateur occidental pourrait apporter quelque chose de différent au genre et m’a demandé si cela m’intéressait.

L’idée de faire un film de samouraï au Japon était impossible à refuser, je suis donc allé à Tokyo pour rencontrer Nakazawa et Yamagishi Kikume qui dirigent Sedic productions.

Nous sommes allés jusqu’à Shonai, où Sedic possède un plateau de tournage d’un village samouraï, et nous avons repéré les superbes forêts anciennes de la région.

Je suis ensuite retourné à Los Angeles pour faire ma propre version du scénario; j’ai essayé de conserver l’humour que Saito y avait apporté, souhaitant vraiment faire un film dans le style de Yojimbo ou de Forteresse cachée, qui combinent action et humour mais sont aussi sérieux à leur manière.

J’ai introduit dans l’histoire l’arrivée du Commodore Perry, qui a toujours été la motivation de l’histoire, mais qui est devenu un élément de cadrage plus important.

J’ai également ajouté l’histoire de la princesse Yuki, qui était très différente dans l’original, mais qui semblait faire écho à la Yuki Hime éponyme de Forteresse cachée (et aussi, bien sûr, par défaut, à la princesse Leia dans Star Wars).

Lorsque j’ai eu terminé mon projet, je suis retourné à Tokyo et j’ai travaillé sur le scénario avec Yamagishi, évidemment pour le remettre en japonais, mais aussi pour lui donner une perspective féminine.

Nana Komatsu
Nana Komatsu

Samourai Marathon dispose d’un casting exceptionnel avec de jeunes stars populaires telles que Sato ‘Kenshin’ Takeru ou Nana Komatsu ainsi que des acteurs plus âgés et expérimentés -Hiroki Hasegawa, Naoto Takenaka- même les petits rôles secondaires -Junko Abe par exemple- sont des « noms ». Comment se fait-il que vous disposiez d’une telle ‘dream team’?

Le casting a été en grande partie constitué par Zushi Kensuke, l’un des producteurs, et Anjo Yasuko, qui était une brillante directrice de casting, malheureusement décédée à la fin de la production.

Le film est une véritable œuvre collective et une fois que nous avons eu Sato Takeru et Komatsu Nana dans les rôles principaux, les autres acteurs ont eu envie de les rejoindre.

C’était un plaisir d’avoir autant d’acteurs talentueux et j’ai été très impressionné par leur absence totale d’ego et leur volonté de faire tout ce qui était possible.

Les films japonais sont souvent bouclés en un mois et la plupart des comédiens ont des emplois du temps serrés… Combien de temps a-t-il fallu pour tourner Samuraï Marathon? Avez-vous dû vous adapter aux conditions locales ou le processus a-t-il été facilité par les différentes agences des acteurs?

Nous avons tourné le film en un mois, ce qui n’était pas un problème pour moi car je suis très rapide! Nous avons bénéficié de trois typhons différents qui ont amené de fortes précipitations.

Cela a été mis à profit dans les séquences finales du film, où toute la pluie est réelle. Je n’aime pas non plus travailler de longues heures, ce qui était une nouveauté pour l’équipe japonaise, habituée à des horaires contraignants.

Nous avons donc tous passé un bon moment et j’ai été très impressionné par le sérieux et le dévouement de l’équipe.

Mirai Moriyama
Mirai Moriyama

Quelles sont les différences les plus importantes lorsque vous travaillez avec des acteurs japonais, par rapport aux acteurs occidentaux?

Il serait plus facile de discuter des similitudes; au bout du compte, il s’agit toujours des mêmes problèmes.

Avec des acteurs de ce calibre, tout ce que j’avais à faire était de ne pas les gêner et de leur faciliter la vie quand c’était nécessaire.

La barrière de la langue a également été plus facile à gérer que vous ne l’imaginez. J’avais un très bon traducteur, Christian Storms, qui faisait des traductions simultanées dans une oreillette pendant le tournage, de sorte que je savais toujours ce qui se passait, et cela permettait aux acteurs de me parler en gardant le contact visuel et sans avoir à attendre.

J’ai appris suffisamment de japonais de base pour répondre, au moins aux commandes simples de tournage, et la communication était donc assez fluide.

Le film a été tourné dans la magnifique préfecture de Yamagata. Entre les prises, avez-vous eu le temps de la visiter un peu?

Nous avons tourné dans la forêt vieille de 2000 ans qui mène au grand sanctuaire et nous avions un contrôle total sur le backlot et le village de Sedic, je me suis donc senti très à l’aise avec le paysage et les environs de Shonai.

Je n’ai pas fait grand-chose d’autre, mais j’ai appris à bien connaître la région. La beauté de la région est indéniable, et je pense que nous l’avons bien rendue.

Des anecdotes? Quels sont vos meilleurs et vos pires souvenirs du tournage?

Ce fut vraiment un grand moment, et j’aurais du mal à trouver quelque chose de négatif à dire sur cette expérience.

Bernard Rose et Nana Komatsu sur le tournage
Bernard Rose et Nana Komatsu sur le tournage (1)

Certains critiques ont écrit que Samourai Marathon n’était pas un « jidai geki » typique dans la mesure où il introduisait des éléments de modernité, j’ai lu que c’était à la fois un hommage et une parodie… comment le percevez-vous aujourd’hui, 3 ans après?

J’ai toujours eu l’intention de combiner comédie et action, et aussi de rendre hommage à Akira Kurosawa.

J’aime que Kurosawa ait été inspiré par les westerns de John Ford, qui ont à leur tour inspiré les westerns de Sergio Leone.

Je pense qu’il y a toujours eu un dialogue entre le Jidai Geki et le western, et j’ai pensé que le fait de réaliser une véritable production japonaise, plutôt qu’un western se déroulant au Japon, pourrait être quelque chose de différent.

C’était une expérience unique et j’en suis très reconnaissant.

L’un des points forts de la période qui a suivi la sortie de Samurai Marathon a certainement été la première américaine au Festival du film asiatique de New York, où votre actrice principale -Komatsu Nana- a reçu le Rising Asian Star Award. Vous étiez également présent, comment avez-vous vécu cette expérience à New York?

C’était très agréable d’avoir Nana à New York – elle est une véritable star et ce n’est qu’un début…

Si une nouvelle proposition vous est faite, tenteriez-vous l’expérience une nouvelle fois au Japon?

Certainement, quand on veut!

Danny Huston
Danny Huston

Qu’est-ce qui se trame pour vous ces temps-ci? Un ou plusieurs nouveaux projets?

J’ai terminé un nouveau film intitulé Traveling Light, dont l’action se déroule à Los Angeles en mai 2020 et qui relate des événements étranges survenus au début de la pandémie.

Le film met en vedette Tony Todd, Danny Huston, Stephen Dorff, Olivia d’Abo et Matthew Jacobs. Jeremy Thomas en est le producteur exécutif.

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Biographie

Bernard Rose
Bernard Rose (2)

Bernard Rose est né à Londres le 4 août 1960. Son intérêt pour le cinéma se manifeste dès l’enfance lorsqu’il commence à filmer des petits courts-métrages avec une caméra super 8.

Jeune homme, il intègre la ‘National Film and Television School’ et fait ses classes auprès de Jim Henson pour Dark Crystal où il est assistant de production.

C’est en tant que vidéaste qu’il fait une percée remarquée en réalisant les clips de Small Town Boy pour Bronski Beat et Relax de Frankie Goes To Hollywood puis il lance sa carrière de metteur en scène avec un premier long métrage, Paper House (1988), un thriller fantastique qui enthousiasme les critiques, notamment le célèbre Roger Ebert qui accordera, fait rare, 4 étoiles sur 4 à ce premier opus.

En 1992, Candy Man, thriller horrifique considéré à la fois comme une film culte et un classique du genre, assoit sa notoriété au niveau international.

Parmi les autres films marquants du réalisateur on notera Immortal Beloved (1994), Mister Nice (2010), son adaptation de Frankenstein (2015) avec Carrie-Ann Moss et l’acteur réalisateur Danny Huston avec lequel il travaille souvent, enfin Samurai Marathon (2019) et bientôt Traveling Light, en phase de post production.

Liens Bernard Rose: Profil sur IMDBCompte Twitter

Distribution

Première de Samouraï Marathon
Première de Samouraï Marathon (3)

Le casting de Samourai Marathon est digne d’une super production avec une liste impressionnante de jeunes acteurs populaires et de comédiens expérimentés et confirmés.

Takeru Satoh, mondialement connu pour la saga Kenshin, partage l’affiche avec Nana Komatsu (The World of Kanako et récemment Moonlight Shadow et Parasite in Love) mais d’autres stars bénéficient d’un temps de présence à l’écran tout aussi conséquent: Hiroki Hasegawa (Shin Godzilla…) est le Hanshu, Seigneur D’Annaka, Mirai Moriyama (Rage, Fish Story…) le fidèle guerrier Heikuro Tsujimura et aussi Shota Sometani (First Love, Bakuman…), Aoki Munetaka (saga Kenshin, It Comes…) et le vétéran Naoto Takenaka, plus de 120 films au compteur!

On trouve également quelques noms prestigieux dans les seconds rôles, ainsi Mugi Kadowaki (Aristocrats, Asakusa Kid…) qui est la compagne de Jinnai, Junko Abe (Still the Water…), Taishi Nakagawa (Funny Bunny…), Mariko Tsutsui (L’infirmière…), Etsuhi Toyokawa (saga 20th Century Boys…) et l’acteur italo-américain Danny Huston.

Article et interview: Nill Newt – Mise en page: Blog Fascinant Japon

Photos: dossier de presse Signature Entertainment sauf (1),(2) et (3) Courtesy of Bernard Rose.

Remerciements à Bernard Rose.

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