L’architecture de Tokyo : des taudis en bois aux gratte-ciels modernes

Tokyo pendant la période Edo

Tokyo pendant la période Edo

Une personne qui aurait visité Tokyo il y a 10 ans et qui reviendrait aujourd’hui pourrait se demander s’il s’agit de la même ville. Naturellement, ce n’est pas le cas. Chaque ville évolue avec le temps. Des bâtiments sont détruits et d’autres reconstruits à leur place.

Cependant la métamorphose que la capitale japonaise a subie ces dernières années en tout simplement incroyable.

Un peu d’histoire

Tokyo est devenue une ville pour la première fois sous le shogun Tokugawa Ieyasu au début du XVIIème siècle sous le nom d’Edo. À ce moment-là, pratiquement toute la ville était construite en bois, et des incendies détruisaient régulièrement certaines parties voire la totalité des zones urbanisées.

Edo a été officiellement renommée Tokyo, « la capitale orientale » lors de la restauration Meiji de 1867. L’occidentalisation rapide du pays en général, et de la ville en particulier, a vu la construction de bâtiments de style européen dans des endroits comme Ginza ou Nihombashi, style qui a été conservé à ce jour.

Maison en bois, Tokyo, Japon

Maison en bois, Tokyo, Japon

Cependant, la très grande majorité des bâtiments sont demeurés en bois. Et c’est ainsi que lors du grand tremblement de terre du Kanto en 1923, la plupart des bâtiments européens furent détruits et que le feu ravageât des quartiers entiers de logements en bois.

Tokyo fut une nouvelle fois rebâtie mais, une vingtaine d’années plus tard, la ville fut de nouveau rasée par les bombardiers américains.

A la fin de la seconde guerre mondiale, Tokyo n’était plus qu’une ruine fumante. Défaits et financièrement épuisés, les japonais n’avaient alors pas d’autre alternative que de reconstruire leur capitale aussi vite et bon marché que possible.

Du coup, le bois fut encore le matériau de construction préféré mais le béton devint rapidement plus populaire et les années 70 et 80 furent l’âge des « mansions », blocs d’appartements en béton.

Les premiers gratte-ciels furent édifiés dans le quartier de Shinjuku au début des années 70. Par exemple, le « Mitsui Building » (225m) et le « Sumitomo building » (210m) furent tous deux terminés en 1974.

L’âge des gratte-ciel

Nouveaux gratte-ciels, okawabashi river city, Tokyo, Japon

Nouveaux gratte-ciels, okawabashi river city, Tokyo, Japon

Ce n’est pas avant les années 90, et plus spécifiquement vers la fin de cette décennie que Tokyo ne devint une ville à gratte-ciel.

En raison de fréquents tremblements de terre et du risque de tremblements de terre majeurs environ tous les 80 ans (le prochain pourrait donc arriver très prochainement), l’architecture de Tokyo et des autres villes japonaises ne pouvaient être comparées à d’autres villes asiatiques comme Hong Kong ou Singapour.

Il est difficile de définir exactement ce qui poussa au changement. Ce pourrait être le développement de nouvelles technologies anti-sismiques, ou alors la chute dramatique des prix des terrains avec l’éclatement de la bulle immobilière en 1990~1991. En tout cas, les gratte-ciels pousse désormais plus rapidement à Tokyo que presque n’importe où sur terre.

Ainsi, le gouvernement métropolitain de la ville de Tokyo s’est déplacé du quartier de Chuo-ku à celui de Nishi-Shinjuku en 1991 et sa tour reste le plus haut bâtiment dans la capitale à ce jour (243m).

En 2003, il y avait 47 tours de plus de 150m de haut. Parmi celles-ci, 28 avaient été construites dans les 4 années précédentes. 12 sur les 19 restantes se trouvent dans le quartier de Shinjuku, ce qui veut dire qu’avant 1999, il n’existait que 7 tours de plus de 150m à Tokyo en dehors de Shinjuku.

Marunouchi building, Tokyo, Japon

Marunouchi building, Tokyo, Japon

Parmi les constructions récentes, la « Sunshine 60 Tower« , de 240m, bâtie à Ikebukuro en 1999, est la deuxième plus haute tour. Des quartiers entiers ont été redéveloppés, comme celui de Harumi et son « Triton square » terminé en avril 2001, ou Shiodome en 2003 avec 2 tours de 165m, une de 193m, une de 210m et une de 216m.

Puis viennent, bien sûr, les « Roppongi Hills » qui ont données une visage complètement nouveau au fameux quartiers des boites de nuit de la capitale.

La zone autour de la gare de Tokyo est en train d’être complètement refaite, en commençant par des bâtiments comme la « Century Pacific Tower« , le « Nomura Building » de 138m ouvert en 1997 ou le « New Sankei Building » de 146m ouvert en 2000, puis le « Marunouchi Building » de 179m ouvert en novembre 2002 et enfin le « Nihombashi 1-chome Building » ouvert en avril 2004.

Les bons points de vue de Tokyo

1) Shinjuku Tocho (都庁, tours du gouvernement métropolitain de Tokyo). La montée est gratuite et le sommet du 45ème étage est probablement l’endroit le plus haut auquel on puisse accéder à Tokyo. Le point de vue sur les autres gratte-ciels environnants est fantastique, spécialement la nuit. Et de jour, le mont Fuji est bien visible, surtout lors des journées ensoleillées d’hiver.

2) Vous pouvez aussi accéder gratuitement aux deux derniers étages du Marunouchi Building dont les restaurants haut de gamme donnent accès à tous les côtés et permettent de voir le palais imperial, Ginza, Nihombashi et la majeure partie du centre de Tokyo. Ce bâtiment est accessible à partir de la gare de Tokyo.

Shiodome city center, Tokyo, Japon

Shiodome city center, Tokyo, Japon

3) Le nouveau quartier des gratte-ciels, Shiodome, est l’un des meilleurs endroits pour observer la ville sous différents angles. Vous pouvez accéder à une plate-forme d’observation située en haut du Dentsu Building, par le centre commercial « Caretta Shopping Mall« , gratuitement. Le « Shiodome City Center » possède probablement une des plus belles vues mais vous devrez manger ou boire à l’un des (très chers) restaurants ou des bars du sommet. Cependant, la vue en vaut vraiment la chandelle, d’autant plus s’il fait nuit.

4) Le point d’observation au 47ème étage de la St Luke’s Tower (聖路加タワー) à Akashicho (Chuo-ku), près de Tsukiji. L’accès est encore une fois gratuit mais la vue est limitée au sud et à l’est. Le restaurant « Luke’s », plutôt cher, juste à coté du point d’observation donne accès à la vue au nord et à l’ouest. Du haut de ses 211m, il s’agit de 4ème tour la plus haute de Tokyo en dehors de Shinjuku et la plus haute à l’est du palais impérial. Elle offre une vue superbe sur la rivière Sumida, les tours Tsukuda, la baie de Tokyo, le pont « Rainbow Bridge », le marché aux poissons de Tsukiji et Shiodome.

5) Le restaurant panoramique tournant au 17ème étage du New Otani Hotel à Akasaka. Non seulement, il permet d’avoir une vue parfaite à 360 degrés, mais son emplacement central permet de voir tout Tokyo, de Shinjuku à Otemachi ou Shimbashi. Le seul inconvénient est que cela vous coûtera au moins un café, soit environ 700 yens.

6) Le monorail Yurikamome, de Shimbashi à Odaiba, passe au-dessus de la plupart des constructions et offre une belle vue de la baie de Tokyo, du pont « Rainbow Bridge » qu’il traverse, des nouveaux gratte-ciels de Shimbashi et d’autres tours comme le « Triton Center » de Kachidoki et les tours d’appartements bleues et oranges de Tsukuda.

7) La Yebisu Garden Place Tower, 40 étages, 167m, ouverte en 1994. Vous pouvez monter gratuitement aux deux derniers étages où sont d’innombrables restaurants au mileu de splendides décorations gréco-romaines. De là, vous pouvez voir Shinjuku, Shibuya, Akasaka, le mont Fuji et même Yokohama.

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