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Rouen - Musée des beaux-arts: le Japon illustré fév 07
Kunisada - Le magicien Matoda Jiro

Kunisada - Le magicien Matoda Jiro

Si les estampes ukiyo-e de l’âge d’or de l’Ă©poque Edo montrant les cĂ©lèbres beautĂ©s des maisons de thĂ© vaquant Ă  leurs gracieuses occupations ont depuis longtemps la faveur du public occidental, l’estampe japonaise ne saurait se limiter Ă  la vison esthĂ©tisante des amateurs du XIXe siècle.

Aux yeux des Japonais, plus qu’une Ĺ“uvre d’art, elle est une part intĂ©grante de leur quotidien, qu’il s’agisse d’orner Ă  peu de frais les piliers de leur maison, d’appuyer d’un exemple visuel une pĂ©dagogie, de conserver le portrait d’un acteur cĂ©lèbre ou d’un artiste, en un mot d’illustrer toutes les aspirations d’une Ă©poque s’incarnant dans les hĂ©ros populaires de son histoire, comme les vaillants samouraĂŻs de Takeda Shingen, tels qu’ils apparaissent dans la sĂ©rie d’estampes de Sadahide GounteĂŻ (1807-1878/79) ou tels que les montrent les pièces de théâtre Kabuki qui leur sont consacrĂ©es, les romans illustrĂ©s et de nos jours encore les jeux vidĂ©o…

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Paris - Exposition BnF: estampes japonaises ukiyo-e, images d’un monde Ă©phĂ©mère jan 24
Takashima Ohisa de Kitagawa Utamaro

Takashima Ohisa de Kitagawa Utamaro

L’exposition de la bibliothèque nationale de France, “estampes japonaises ukiyo-e, images d’un monde Ă©phĂ©mère”, propose une vision d’ensemble de cet art, depuis son apparition, Ă  la fin du XVIIe siècle, jusqu’au milieu du XIXe siècle. Cent cinquante Ĺ“uvres d’une qualitĂ© exceptionnelle, souvent rarissimes ou uniques, ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©es dans le fonds prodigieux du dĂ©partement des Estampes.

L’estampe ukiyo-e ou « images d’un monde flottant », Ă©phĂ©mère, opposĂ© au monde immuable et sacrĂ©, rĂ©vèle l’art de vivre et la nouvelle culture de la sociĂ©tĂ© urbaine et marchande de l’ère Edo. Ce courant artistique est nĂ© du bouleversement socioculturel survenu lors de la prise de pouvoir de la dynastie des shogun Tokugawa, dynastie qui assura au pays la paix intĂ©rieure et la prospĂ©ritĂ© durant deux siècles et demi (1600-1868). Le Japon s’isola du reste du monde.

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Shin Hanga: nouvelles estampes jan 23
Estampe shin hanga - Shinsui yuki no yo

Shinsui yuki no yo

Le mouvement Shin Hanga (”nouvelles estampes”) exaltait les vertus de la fabrication traditionnelle des estampes ukiyo-e, le fameux “quatuor ukiyo-e” composĂ© de l’artiste, du graveur, de l’imprimeur et de l’éditeur. Sa philosophie allait complètement Ă  l’encontre du mouvement sosaku hanga (”estampes crĂ©atives”) qui prĂ´nait au contraire l’implication directe de l’artiste dans le design, la gravure et l’impression de son Ĺ“uvre.

L’Ă©diteur Watanabe Shozabuto (1885~1962) fut la principale force motrice du mouvement shin hanga. Il pensait, contrairement aux dĂ©fenseurs du mouvement sosaku hanga que les shin hanga n’Ă©taient pas des “reproductions” (fukusei hanga) et que ces estampes Ă©taient de vraies crĂ©ations, tant que l’artiste pouvait obtenir le rĂ©sultat qu’il dĂ©sirait avec l’aide des autres artisans. Dans un système aussi collaboratif, l’artiste bĂ©nĂ©ficiait du savoir-faire des autres artisans pour crĂ©er une Ĺ“uvre d’art qu’il n’aurait pu rĂ©aliser aussi bien tout seul. Les artisans apportaient donc juste leur soutien Ă  l’expression artistique. En rĂ©ponse aux critiques, Watanabe utilisa le terme de shinsaku hanga (”estampes nouvellement créées”) en 1921 afin de mettre l’accent sur les aspects crĂ©atifs de la mĂ©thode shin hanga.

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Sosaku Hanga: estampes créatives jan 16
Estampe Sosaku Hanga, Japon

Estampe Sosaku Hanga

Sosaku Hanga, ou “estampes crĂ©atives”, est un terme qui fut utilisĂ© dès 1909 par l’imprimeur Ishii Hakutei (1882-1958) dans l’encyclopĂ©die des arts libĂ©raux (Bungei hyakka zensho). L’Ĺ“uvre fondatrice pour le mouvement sosaku hanga fut une estampe gravĂ©e et imprimĂ©e par Yamamoto Kanae (1882-1946), reprĂ©sentant le portrait d’un pĂŞcheur, qui fut publiĂ©e dans le magazine Myojo en 1904. Comme le mouvement prenait de l’ampleur en taille et en influence, de nombreux magazines Ă©phĂ©mères et autres clubs publiaient des sosaku hanga et, en 1918, l’association japonaise des estampes crĂ©atives (Nihon sosaku hanga kyokai) fut créée, devenant par lĂ -mĂŞme la principale organisation de ce mouvement jusqu’Ă  sa dissolution en 1931 et sa renaissance, portant sur un domaine plus large, en tant qu’association japonaise des estampes (Nihon hanga kyokai).

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Estampes ukiyo-e: comparaison entre Edo-e et Kamigata-e jan 09
Hokuei Utaemon

Hokuei Utaemon

Il existait deux styles rĂ©gionaux distincts d’estampes traditionnelles, l’Ă©cole Edo (Edo est l’ancien nom de Tokyo), qui Ă©tait l’Ă©cole dominante, et le style Kamigata pour la rĂ©gion comprenant les villes d’Osaka et de Kyoto.

La diffĂ©rence principale concernait la gamme des sujets. Ceux des estampes Edo (Edo-e) portaient sur les belles femmes, les geisha, les courtisanes, les jeunes amants, l’Ă©rotisme, les scènes domestiques, les paysages en gĂ©nĂ©ral et urbains en particulier, la nature (plus spĂ©cifiquement les oiseaux et les fleurs), les acteurs, les scènes militaires, les allĂ©gories historiques, les parodies, les fantĂ´mes et autres dĂ©mons, les scènes de genre et les natures mortes.

A l’opposĂ© de cette grande diversitĂ© des sujets, ceux des estampes Kamigata (Kamigata-e) Ă©taient presqu’exclusivement des acteurs.

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