Le dernier soldat japonais à se rendre… en 1974!

La Seconde Guerre mondiale prend fin en Europe le 8 mai 1945. En asie du sud-est, la paix ne vient que quelques mois plus tard, le 2 Septembre, quand Mamoru Shigemitsu, le ministre des Affaires étrangères, signe les actes de capitulation du Japon à bord de l’USS Missouri. Mais pour un homme la guerre n’est pas finie et elle ne se terminera qu’en 1974.

Notre histoire commence aux Philippines. Colonie espagnole jusqu’à la fin du 19ème siècle, les américains en prennent possession suite à la guerre hispano-américaine de 1898. Au 20e siècle, le Japon veux se tailler un empire dans son arrière-cour en faisant main basse sur l’asie du sud-est et l’océanie. Mais il y a un problème: les nations occidentales sont déjà bien implantées. Outre les américains aux Philippines, les hollandais contrôlent l’Indonésie (indes néerlandaises), les français l’Indochine, les anglais Singapour, Hong-Kong, la Malaysie, la Birmanie, sans parler de l’Inde.

Du coup, le Japon fait alliance avec l’Allemagne nazie qui déclenche les hostilités en Europe et en Afrique du Nord, menaçant le Royaume-Uni. La Grande-Bretagne lutte désormais pour sa survie et toutes ses colonies deviennent vulnérables. C’est aussi le cas pour l’Indochine française et les colonies hollandaises car la France et les Pays-Bas tombent devant les Allemands en 1939 et 1940. Il ne reste donc plus que les Philippines. Mais que faire? Simple: bombarder Pearl Harbor le 7 Décembre 1941 et oblitérer sa flotte américaine du Pacifique.

Dix heures plus tard, alors que les américains sont en train de panser leurs plaies à Hawaii, le Japon attaque les Philippines. La situation centrale de ce pays donne au Japon la base dont il avait besoin pour envahir le reste de la région. Ses vastes ressources participent également à alimenter l’effort de guerre japonais, tandis que les philippins font d’excellents esclaves pour leur machine de guerre.

Plan d'invasion japonais

Plan d’invasion japonais

Mais il y a un autre problème. Les Philippines se compose de plus de 7.000 îles et en prendre quelques-unes ne signifie pas en contrôler la totalité, pas plus que bombarder Pearl Harbor ne signifie que les américains n’ont plus d’armée, de marine ou de forces aériennes. Et donc les américains ne vont pas abandonner sans combattre.

C’est dans ce contexte qu’apparaît Hiroo Onoda. Né à Kamekawa, au Japon, le 19 mars 1922, dans une famille de tradition samouraï, sa carrière est tracée. A 18 ans, il est enrôlé dans l’infanterie. Après un passage sur le front chinois, il est envoyé à l’école Nakano, le principal centre de formation du renseignement militaire de l’armée impériale japonaise durant la seconde guerre mondiale, Onoda devient un officier de renseignement formé aux techniques de guérilla.

Hiroo Onoda

Hiroo Onoda

Le 26 Décembre 1944, il débarque sur l’île de Lubang aux Philippines pour rejoindre la brigade Sugi. Bien que Lubang soit un trou perdu, il se trouve à seulement une centaine de kilomètres au sud-ouest de Manille.

A cette époque, la fin de la guerre approchant, les japonais reculent sur tous les fronts sous les coups de boutoir des américains. La mission d’Onoda est donc, outre de rester en vie, de faire tout ce qu’il peut pour ralentir les américains par le biais d’opérations de sabotage et de guérilla. Cependant, les hommes de la brigade Sugi l’empêche d’exécuter ses ordres et, quand les américains arrivent, ils reprennent facilement Lubang aux japonais le 28 Février 1945.

Contrairement aux autres Japonais, Onoda et trois autres soldats décident de ne pas se rendre. Onoda, alors promu lieutenant, a sous ses ordres le soldat Yuichi Akatsu, le caporal Shoichi Shimada et le soldat de première classe Konshichi Kozuka.

Alors que les américains et les combattants philippins font la chasse aux dernières poches de résistance japonaise, Onoda ordonne à ses hommes de faire retraite dans les montagnes.

En août 1945, Hiroshima et Nagasaki sont bombardés et les Soviétiques déclarent la guerre à l’empire du soleil levant et écrasent les restes de l’armée du Kwantung, mais le petit groupe reste à son poste. De la même manière, rien de change pour eux quand le Japon finit par se rendre.

Le général Douglas MacArthur revient aux Philippines le 20 octobre 1944

Le général Douglas MacArthur revient aux Philippines le 20 octobre 1944

Sachant qu’il y a encore des soldats Japonais qui résistent dans tout le Pacifique, les américains larguent des tracts pour leur faire savoir que la guerre est terminée. Mais Onada et ses hommes refusent de les croire car ils sont convaincus qu’il s’agit d’une ruse pour qu’il se rendent.

A la fin de 1945, Tomoyuki Yamashita, le général de la 14ème armée signe un ordre de capitulation qui est également distribué en masse mais Onada conclut qu’il s’agit d’un faux!

Le groupe survit en mangeant des noix de coco, des bananes, en volant du bétail aux paysans locaux et, parfois, en faisant des incursions nocturnes dans les villes et villages de l’île. En 1949, Akatsu décide que c’est assez pour lui et se rend aux philippins. Prenant peur que leur position ait été compromise, les autres autres se retirent encore plus profondément dans la jungle afin de poursuivre leur mission originelle: le sabotage. Ils ont quelques accrochages avec la police et les fermiers des environs qui se sont pas très heureux de perdre du bétail ou de risquer leur vie.

Alors que le nombre de morts augmente, la chasse aux soldats japonais s’intensifie. Pour le groupe, cela montre bien que la guerre continue!

Essayant toujours de les débusquer, le gouvernement japonais largue de nouveau des tracts en 1952, cette fois-ci avec des photos des familles du groupe. Onada conclut à nouveau qu’il s’agit d’un piège.

En juin 1953, le trio est pris dans une fusillade avec des pécheurs. L’un deux atteint Shimada à la jambe. Celui-ci survit mais décède finalement lors d’une autre fusillade le 7 mai 1954. Kozuka meurt le 19 octobre 1972 lors d’un autre incident, laissant Onada seul.

Pendant les années suivantes, les fermiers du coin devront encore subir les exactions d’Onoda, champs brûlés, bétail volé, alors le Japon s’excuse à chaque fois auprès du gouvernement phillipin. Après la mort de Kozuka, des larguages de journaux japonais, des lettres des membres de sa famille ainsi que de ses anciens camarades n’ébranlent toujours pas Onada.

Hiroo Onada se rend le 9 mars 1974

Hiroo Onada se rend le 9 mars 1974

Il va falloir que Norio Suwuki, un étuditant japonais et aventurier auto-proclamé, se saisisse du problème. Celui-ci a trois objectifs dans sa vie: trouver Onada, voir un panda et trouver l’abominable homme des neiges, dans cet ordre. Le 20 février 1974, il arrive à entrer en contact avec Onada, mais celui-ci refuse toujours de se rendre. Suzuki lui demande alors ce qu’il faut faire pour qu’il dépose les armes. Onada lui répond qu’il se rendra uniquement s’il reçoit un ordre direct de son supérieur.

Heureusement, celui-ci est toujours vivant et Suzuki convainc le major Yoshimi Taniguchi de faire le voyage jusqu’à l’île de Lubang et de relever Onoda de ses fonctions. C’est chose faite le 9 mars 1974, 29 ans après la fin de la seconde guerre mondiale!

Onada se rend formellement à Ferdinand Marcos en lui présentant son katana

Onada se rend formellement à Ferdinand Marcos en lui présentant son katana

Ravi de pouvoir se débarasser enfin de l’encombrant soldat, le président phillipin Ferdiand Marcos pardone Onoda pour ses multiples crimes dans les jours qui suivent.

Onoda retourne alors au Japon et établit une école de survie pour les enfants dans le but de les endurcir. Il meurt le 16 janvier 2014.

Source: He Was The Last Japanese WWII Soldier To Surrender, in 1974!

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