Shin Hanga: nouvelles estampes

Estampe shin hanga - Shinsui yuki no yo

Estampe shin hanga – Shinsui yuki no yo

Le mouvement Shin Hanga (« nouvelles estampes ») exaltait les vertus de la fabrication traditionnelle des estampes ukiyo-e, le fameux “quatuor ukiyo-e” composé de l’artiste, du graveur, de l’imprimeur et de l’éditeur. Sa philosophie allait complètement à l’encontre du mouvement sosaku hanga (« estampes créatives ») qui prônait au contraire l’implication directe de l’artiste dans le design, la gravure et l’impression de son œuvre.

L’éditeur Watanabe Shozabuto (1885~1962) fut la principale force motrice du mouvement shin hanga. Il pensait, contrairement aux défenseurs du mouvement sosaku hanga que les shin hanga n’étaient pas des « reproductions » (fukusei hanga) et que ces estampes étaient de vraies créations, tant que l’artiste pouvait obtenir le résultat qu’il désirait avec l’aide des autres artisans. Dans un système aussi collaboratif, l’artiste bénéficiait du savoir-faire des autres artisans pour créer une œuvre d’art qu’il n’aurait pu réaliser aussi bien tout seul. Les artisans apportaient donc juste leur soutien à l’expression artistique. En réponse aux critiques, Watanabe utilisa le terme de shinsaku hanga (« estampes nouvellement créées ») en 1921 afin de mettre l’accent sur les aspects créatifs de la méthode shin hanga.

Le mouvement shin hanga prospéra de 1915 à 1942 puis, de nouveau, brièvement à partir de 1946 jusque pendant les années 50. Watanabe et les autres editeurs shin hanga produisirent les œuvres d’artistes japonais, mais aussi d’artistes occidentaux qui créaient des images en utilisant la technique japonaise. Ils publièrent des estampes aux design rappelant les thèmes ukiyo-e traditionnels mais avec une sensibilité moderne et des sujets allant de paysages ruraux ou urbains, en passant par des belles femmes, des portraits d’acteurs et des estampes de la nature.

Source:
Shin Hanga (« New Prints ») par John Fiorillo.
Cet article a été traduit avec l’autorisation écrite de l’auteur, John Fiorillo (Viewing Japanese Prints).

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