Mont Fuji (3/3) – Guide de l’ascension: les conseils

Cet article fait partie de la série suivante de trois articles:

  1. Mont Fuji, guide d’ascension (1/3): n’y allez pas!
  2. Mont Fuji (2/3) – Guide de l’ascension: une expérience inoubliable
  3. Mont Fuji (3/3) – Guide de l’ascension: les conseils

Qui peut faire l’ascension…

Mont Fuji, vu de loin

Mont Fuji, vu de loin

Bien que beaucoup de gens monte le mont Fuji « parce que c’est quelque chose à faire une fois dans sa vie », je soupçonne un certain nombre de personnes de vraiment aimer faire cette ascension. Le genre de personnes qui faisait de grands trous dans leur jardin étant enfant juste pour dépenser leur énergie en trop ou celles avec un complexe d’infériorité et qui veulent regarder ceux d’en-bas du haut de leur Olympe. Je pense que je fais partie de la seconde catégorie. 😉

Dans tous les cas, n’importe qui normalement en forme devrait pouvoir faire la montée sans grand souci. Si vous pensez pouvoir grimper avec une pente qui augmente graduellement pendant environ 6 heures, je ne m’en fait pas pour vous. Encore mieux! Si vous pouvez courir pendant quelques kilomètres ou faire du sport pendant une heure environ, le Fuji sera une promenade de santé. Le seul bémol est si vous avez des problèmes de genoux, il vous faudra alors faire attention lors de la descente. Si vous avez des problèmes pour descendre des escaliers, par exemple, la descente ne sera pas de tout repos.

Ce dont vous aurez besoin…

Vêtements chauds et imperméables – Soyez prêts à de grands écarts de température. Je pense que la température au sommet tourne autour de 0 mais, par contre, elle monte plus dans les 20~25 lors de la descente. Donc amenez des vêtements chauds, plutôt synthétiques que cotons car ils absorbent moins l’humidité, que vous pourrez mettre et enlever facilement. Et n’oubliez pas d’amener un imperméable ou un kway! Vous n’en aurez peut-être pas besoin mais dans le cas contraire vous serez très heureux de l’avoir.

Torii sur le mont Fuji

Torii sur le mont Fuji

Nourriture – Emmenez plein de nourriture et d’eau pour le voyage car les deux sont à des prix ridicules sur la montagne. Je recommande de la nourriture très énergétique, du type grand nombre de calories et poids minimum, et quelques bons sandwichs. Des fruits secs, des céréales, des M&Ms, des mars ou des twix sont toujours de bons choix.

Eau – D’un point de vue quantité, 2~3 litres devraient faire l’affaire. Faites attention cependant, car l’eau est lourde (sans jeu de mots) donc si vous voulez ne pas être trop charges, prenez-en un minimum et vous pourrez toujours en acheter (cher) sur les pentes du mont Fuji. Par contre, n’hésitez pas à boire: la dernière chose que vous voulez est être déshydraté.

Lampe – Vous allez grimper quasiment dans le noir, je vous conseille donc une lampe frontale. Vous pourriez sans doute vous contenter d’une lampe normale mais il vaut mieux avoir les mains libres, surtout pour les passages un peu plus difficiles ou quand vous commencez à fatiguer.

Argent – Si vous emportez assez de nourriture et d’eau et que vous ne vous jetez pas sur les souvenirs, vous n’aurez pas besoin de beaucoup d’argent sur le Fuji. Par contre, ils essayeront de vous vendre tout ce qu’ils peuvent. La nourriture est hors de prix, mais bon, après 6 heures à monter dans le noir et le froid, même ces ramen de supermarché à 800円 ont l’air succulents! Le prix de l’eau augmente en fonction de l’altitude, en commençant à 250円 en bas et atteint 500円 au sommet. De la même manière, le prix des toilettes augmente avec l’altitude avec un maximum de 200~300円 au sommet. Dans la plupart des toilettes, personne ne vous demandera de payer mais vous êtes censé le faire vous-même. Par contre, en haut, il vous faudra payer la dame pipi avant de pouvoir rentrer. Le moment le plus terrifiant de ce voyage fut quand, alors que je m’apprêtais à redescendre, je m’arrêtais pour faire un besoin naturel et que je réalisais que je n’avais plus de monnaie mais juste un seul billet de 10.000円. J’étais sur que la dame pipi refuserait de me laisser rentrer mais en fait, elle sourit, dit que ça n’était pas un problème et me rendit la monnaie sans sourciller.

Ce dont vous n’aurez pas besoin…

Elle a un peu abusé de l’oxygène…

Elle a un peu abusé de l’oxygène…

Pas besoin d’oxygène – A moins que vous ne soyez vraiment très jeune, très vieux ou ayez des problèmes respiratoires, vous n’aurez pas besoin d’emmener des bouteilles d’oxygène. D’une part, c’est très cher, inutile dans 99% des cas, mais en plus ça pourrait être un problème: si vous les utilisez lors de la montée et que vous n’avez plus de réserve au sommet, votre corps n’aura pas eu le temps de s’acclimater à un environnement pauvre en oxygène et vous risquez de le regretter. Faites plutôt des pauses régulières et buvez de l’eau.

Des équipements spéciauxUne bonne paire de chaussures de marche et peut-être un bâton, bien qu’avec la foule c’est plutôt un problème qu’autre chose, ce sont les deux seules choses dont vous aurez besoin. Il est possible d’acheter un bâton en bas du Fuji et de le faire tamponner dans les différents refuges jusqu’au sommet. Outre le fait que vous le jetterez sans doute de retour à la maison, le faire tamponner vous donne le droit de faire de nouveau la queue à chaque fois et de débourser quelques centaines de yens. En plus, ces bâtons ont généralement une clochette accrochée et qui va sonner pendant toute la montée et toute la descente. C’était tellement énervant que nous avions décidé que notre cri de ralliement serait « Bêêê…Bêêê… ». Sans doute pas très intelligent, mais néanmoins très efficace… 😀

Le meilleur moment pour y aller…

A moins que vous ne puissiez pas à ce moment, je vous recommande de faire l’ascension du mont Fuji au cours de l’été, entre fin juillet et le mois d’août. Je connais des personnes qui l’ont fait en juin, au début de la saison, ou en septembre et ils ont tous eu à affronter la pluie, un froid glacial et certains n’ont même pas pu voir le lever de soleil. Il faut dire que la fin juin/début juillet est la saison des pluies et septembre la saison des typhons, donc ce n’est en effet pas le meilleur moment. D’un autre côté, monter en août signifie monter en haute saison, avec la foule et faire la queue, mais c’est quand même la meilleure option.

Rester sur le mont Fuji ou non…

Lorsque vous entreprenez l’ascension du mont Fuji, vous avez deux options possibles: faire la montée d’une seule traite ou alors dormir dans un des refuges, vous faire réveiller et finir avant le lever du soleil. Certaines personnes ne jure que par une bonne sieste sur la montagne mais, personnellement, je ne l’entend pas du tout de cette oreille car vous essayerez de dormir dans le froid, la promiscuité, le bruit, et vous finirez de toute façon épuisé. Donc mieux vaut conserver ces 6.000~7.000円 et le faire en une seule fois.

Dernières réflexions…

Comme je le disais dans mon premier article sur le mont Fuji, il y a un dicton qui dit que le sage fera l’ascension du mont Fuji une fois dans sa vie, mais que seul un fou la ferait deux fois. Cela étant dit, avec la sagesse de l’expérience et le sentiment de plénitude quand vous apercevez le soleil se lever du point le plus haut du Japon, vous comprendrez pourquoi le fou pourrait être enclin à faire l’ascension une seconde fois

Mont Fuji au lever du soleil

Mont Fuji au lever du soleil

Source:
Mt. Fuji: To Climb or Not to Climb? (The Real Guide)

6 thoughts on “Mont Fuji (3/3) – Guide de l’ascension: les conseils

  1. Très bon retour (le plus pertinent que j’ai lu) sur cette ascension, j’aurais aimé le lire avant de la faire ha ha… 😉

    J’aurais juste ajouté que vous devez garder vos déchets (bouteilles d’eau, cartons, plastiques…), puisqu’il n’y a pas de poubelles sur le chemin.

    Attention également aux grands gabarits qui passent la nuit en refuge, avec Madame nous mesurons 1m62 et 1m75 pour un poids normal, et nous étions à l’étroit pour dormir.

    • Merci!

      Pour les déchets, j’avoue que ça ne m’était pas venu à l’esprit, je les garde toujours dans mon sac de toute façon. Et pour les refuges, ça ne m’étonne pas non plus: combien de fois, je me suis cogné en rentrant dans le métro ou dans mon appart! Les places de refuges sont pour des gabarits japonais! 😉

  2. Bonjour,
    Merci pour ces trois articles complémentaires… voire paradoxales.
    Nous partons dans une semaine au Japon, je n’ai jamais fait cette montée, j’ai donc prévu plusieurs options en fonction de la météo, à savoir trois soirs de semaines (mercredi 31, jeudi 1er, vendredi 2), pour mettre toutes les chances de notre côté…
    J’entends bien les avantages et les inconvénients de faire la montée en une ou deux fois.
    Du coup, à quelle heure pensez-vous qu’il faille partir (de la 5ème station) pour être certain d’arriver en haut avant le lever du soleil ?
    En effet, dans vos articles, vous donnez des temps très différents en fonction des rythmes et de l’affluence… je me dis qu’il serait dommage de se taper 7h de marche pour rater le levée du soleil…

    Merci pour votre retour
    Arnaud

    • Ca fait quand même un bail que je l’ai fait. Mais de mémoire, on était parti vers 22h mais on était arrivé ric-rac pour le lever du soleil donc peut-être plutôt 21h?

  3. Rebonjour
    une seconde question :
    Je suis toujours très étonné des temps indiqués… notamment par rapport aux longueurs et dénivelés. Récemment j’ai fait une rando en France 8 km / 1300 m en environ 2h30 (rythme soutenu). Du coup, ma question est la suivante : la principale difficulté vient-elle de l’affluence ?
    merci

    • Oui, l’affluence est vraiment une horreur. Tant et si bien, que l’on a essayé de l’éviter en passant à un moment par le chemin de descente mais c’était beaucoup plus dur car c’est de la pierraille, qui va bien pour descendre, mais pas trop pour monter. Et même en essayant de doubler, outre le fait que c’est assez mal vu le chemin n’est pas grand donc ce n’est pas pratique non plus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *