La restauration Meiji et ses conséquences politiques

Serment impérial

Serment impérial

Les samurai Satsuma et Choshu se réunissent en conseil impérial et abolissent les organes du shogunat. Dans ce conseil, on trouve l’empereur Mutsuhito, quelques nobles, des samurai et les daimyo des clans Satsuma, Choshu, Tosa et Hizen. La capitale est transférée de Kyoto à Edo. C’est à cette époque que l’on rebaptise Edo en Tokyo, la capitale de l’est, tournée vers l’occident. on assiste à un véritable retour en arrière politique. on retrouve l’Etat régi par les codes. Le 6 avril 1868, le nouveau pouvoir, pour rétablir l’ordre et rassurer la population, fait lire le serment impérial en 5 articles. C’est en quelque sorte le programme du nouveau gouvernement :

  • Mise en place d’assemblées délibératives pour discuter publiquement des affaires d’Etat.
  • Volonté de mobiliser tous les membres de la nation quelle que soit leur origine pour renforcer les finances (rejet du système néo-confucianiste de castes).
  • Encourager tous les Japonais à réaliser leurs aspirations personnelles. Esprit capitaliste.
  • Volonté d’abolir les coutumes archaïques et d’exister à un niveau international.
  • Favoriser l’enrichissement du Japon par l’ensemble des savoirs du monde.

Sur le plan institutionnel, le 11 juin 1868 est promulgué le seitaisho, sorte de constitution. C’est en fait un document qui crée les organes de base du pouvoir, dont le dajokan, conseil exécutif maître de la politique japonaise. Le terme même de dajokan est assez ancien, mais le conseil s’inspire des modèles occidentaux. Au sein du conseil, on retrouve une quinzaine de personnes qui dirigent en oligarques, sans controle extérieur. A cette époque parmi les quinze seul le prince Iwakura vient de la cour impériale. Les autres sont des samurai Satsuma et Choshu. Ils vont gouverner jusqu’au début du XXe siècle.

Okubo Toshimichi

Okubo Toshimichi

Okubo Toshimichi est le plus remarquable des samurai, il dirige la politique jusqu’en 1878. D’autres figures telles que Ito Hirobumi et Yamagata Arimoto font montre de bravoure à sa suite. Alors que Toshimichi était de Satsuma, Ito et Yamagata sont issus de Choshu. Ainsi, la concurrence entre les clans dure jusque dans les années 1920. Satsuma cède la place à ceux de Choshu en 1878. Mais au tournant du siècle, une autre génération moins liée aux clans et plus politique de formation prend le relais.

A noter que la mise en place d’une assemblée était aussi prévue dans le seitaisho, mais l’idée fut vite abandonnée.

Pour moderniser le pays, les oligarques s’appuient sur un système centralisé. Il faut démanteler les fiefs, en 4 étapes successives :

  • Fin 1868, on force les daimyo à séparer leurs finances familiales de celles de leur domaine. La distinction privé / public est une base de l’Etat moderne.
  • En mars 1869, les seigneurs de Satsuma, Choshu, ainsi que ceux de Tosa et Hizen, rendent leur domaine à l’empereur pour l’incorporer au territoire sous sa juridiction directe. En échange, ils sont nommés chiji (gouverneurs). Trois daimyo seulement suivent cet exemple : Tottori, Ichizen et Kumamoto. Devant cette insubordination généralisée, le gouvernement prend des mesures autoritaires. En juillet 1869, l’empereur leur demande de rendre leur domaine, ils sont nommés gouverneurs et reçoivent 10% des revenus de la région à titre personnel. Mais ils sont encore nombreux à refuser.
  • Si bien qu’en août 1871, le gouvernement abolit d’autorité l’ensemble des domaines et y substitue 302 ken (préfectures), nombre réduit à 72 l’année suivante.
  • Dès 1874, le pouvoir féodal des seigneurs est réellement dissous. Ils sont forcés d’abandonner leurs domaines et viennent vivre à la capitale. A leur place, on met des gouverneurs, fonctionnaires rémunérés par l’Etat central. Le naimusho, ministère de l’Intérieur, est créé la même année pour controler les préfectures. Le naimusho a aussi pour rôle de centraliser la répression contre les samurai révoltés. Pour devenir un Etat moderne impérial, le Japon a besoin d’un nouvel ordre social.

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