Hiro Hito (3/3): l’après-guerre et la fin de l’ère Showa

Hirohito annonçant la capitulation du Japon

Hirohito annonçant la capitulation du Japon

Le 15 août 1945, suite aux largages des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki et à l’entrée en guerre de l’Union Soviétique contre le Japon, Hirohito, après encore moult hésitations, décida d’abandonner la dernière condition à une capitulation du Japon, son propre maintien à la tête du pays, et annonça finalement à la radio la capitulation inconditionnelle des forces armées japonaise (gyokuon-hoso).

En dépit des pressions visant à le faire comparaître devant la justice pour crime de guerres par de nombreux hommes politiques, le moindre n’étant pas le président américain Harry Truman, le général Douglas McArthur s’y refusa toujours, voulant qu’Hirohito reste l’empereur et un symbole de continuité et de cohésion du peuple japonais. Hirohito ne fut donc pas jugé et conserva son trône mais fut tout de même obligé de renoncer à son statut de dieu vivant, descendant de la déesse du soleil, lors du « Ningen Sengen » (人間宣言) ou « déclaration d’humanité ».

D’après la constitution de 1889, Hirohito possédait un pouvoir divin qui lui venait de la mythologie selon laquelle la famille impériale japonaise étaient les enfants d’Amaterasu, la créatrice du Japon. Le titre impérial fut donc changé de « souverain impérial » en « monarque constitutionnel » en 1946. Il est cependant important de noter qu’immédiatement après son renoncement explicite à son statut divin, il le réaffirma implicitement en demandant aux forces d’occupation la permission de rendre hommage à son ancêtre et rendit alors hommage à la déesse du soleil. Cette réaffirmation aurait été compréhensible par tous les japonais mais pas nécessairement par les forces d’occupation.

Bien qu’Hirohito fut forcé de rejeter son statut divin, celui-ci fut cependant défini délibérément de manière vague, en partie car le général McArthur pensait que l’empereur pouvait être utile pour faire accepter l’occupation au peuple japonais mais aussi grâce aux manœuvres en coulisse de Yoshida Shigeru. Alors qu’il est communément admis qu’Hirohito était le chef d’Etat, il n’est toujours pas clair de savoir s’il devint un simple citoyen ou quelque chose d’autre. De nombreux spécialistes pensent que le « Tenno« , traduit par « empereur du Japon » en français, n’est plus un empereur. Suivant l’interprétation, le Japon peut donc être considéré soit comme une république démocratique ou une monarchie constitutionnelle.

Hirohito

Hirohito

Néanmoins, jusqu’à sa mort en 1989, Hirohito prit activement part à la vie publique japonaise et remplit les devoirs qui sont typiquement dévolus à un chef d’Etat. L’empereur et sa famille continuèrent à être très présents publiquement, notamment lors d’événements exceptionnels ou des fêtes nationales. Hirohito joua aussi un rôle important dans la reconstruction de l’image diplomatique du Japon en voyageant à l’étranger pour rencontrer de nombreux autres chefs d’Etat, dont beaucoup de présidents américains et la reine Elizabeth II.

Tout au long de sa vie, il s’intéressa à la biologie marine et le palais impérial contient un laboratoire grace auquel Hirohito publia un certain nombre d’articles scientifiques.

L’empereur Showa s’est éteint le 7 janvier 1989 et l’empereur du Japon est désormais son fils, Akihito.

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