L’occupation américaine après la seconde guerre mondiale

La capitulation du Japon

Douglas MacArthur

Douglas MacArthur

Le Japon capitula le 14 août 1945, lorsque l’empereur Hirohito accepta les termes définis lors de la conférence de Postdam. C’était le jour de la victoire pour les Alliés, la fin de la seconde guerre mondiale, et le début du rétablissement d’un Japon exsangue.

A Postdam, Harry Truman et Joseph Staline s’étaient mis d’accord sur la manière dont l’occupation Alliée se déroulerait. L’Union Soviétique serait responsable de la Corée du Nord, de Sakhaline et des iles Kouriles et les Etats-Unis s’occuperaient du Japon, de la Corée du Sud et des autres possessions japonaises dans le Pacifique.

Le jour de la victoire, Truman nomma le général Douglas MacArthur en tant que commandant suprême des forces alliées, en charge de diriger l’occupation du Japon. 16 envoyés japonais partirent pour Manille le 19 août afin de rencontrer MacArthur et de connaître ses plans pour l’occupation du Japon. Le 28 août, 150 militaires américains arrivèrent à Atsugi, préfecture de Kanagawa, et devinrent les premières troupes américaines sur le sol Japon. Ils furent suivis par le cuirassé USS Missouri qui amena la 4eme division de marines sur la cote sud de Kanagawa.

MacArthur lui-même arriva à Tokyo le 30 août et promulgua immédiatement plusieurs lois. Interdiction aux GIs de fraterniser avec une japonaise. Interdiction aux GIs d’attaquer des japonais. Interdiction à tout américain de manger de la nourriture japonaise.

Hirohito et MacArthur

Hirohito et MacArthur

Le 2 septembre, le Japon se rendit formellement en signant les actes de capitulation et l’occupation commença. En théorie, MacArthur était supposé reporter à un comité consultatif défini par les Alliés, mais en pratique il prit seul toutes les décisions. Sa première priorité fut de restaurer le réseau de distribution de la nourriture: après la chute du gouvernement et les destructions intervenues dans la plupart des grandes villes, la famine gagnait tout le pays.

Une fois la distribution de nourriture assurée, ce qui coûtait un million de dollars par jour, MacArthur entreprit d’obtenir le support d’Hirohito. Les deux hommes se rencontrèrent pour la première fois le 28 septembre: la photo de cette rencontre est l’une des plus célèbres de toute l’histoire japonaise. Avec l’approbation de l’empereur, MacArthur avait désormais l’autorité nécessaire pour mener à bien l’occupation.

Les réalisations de l’occupation

Le désarmement

Immédiatement après son arrivée, MacArthur ordonna que tous les militaires japonais rendent leurs daito et leurs shoto: 7 tonnes d’épées furent ainsi confisquées et envoyées à San Francisco. MacArthur congédia les forces de police nationale et ajouta une clause de non-belligérance dans la constitution interdisant spécifiquement au Japon de faire la guerre.

La libéralisation

Les zaibatsu furent dissous et leurs usines reparties dans les mains d’un grand nombre de sociétés qui formèrent des keiretsu. 20.000 km² de terres appartenant à la noblesse furent confisquées et distribuées aux agriculteurs.

La démocratisation

En 1946, MacArthur termina la nouvelle constitution de style américaine du Japon qui fut ratifiée comme un amendement à la vieille constitution Meiji. Elle garantissait des droits fondamentaux et des libertés civiles, abolissait la noblesse et faisait de l’empereur le « leader spirituel » du Japon, lui enlevant tous ses pouvoirs politiques. Le shintoïsme, en tant que religion d’Etat, fut aboli et le christianisme fit sa réapparition pour la première fois depuis des dizaines d’années. Les femmes obtinrent le droit de vote et, en avril de cette année, 14 millions allèrent élire Yoshida Shigeru, le premier premier ministre de cette nouvelle ère.

Les syndicats

Ils se révélèrent être un des plus gros problèmes de l’occupation car le communisme s’était répandu dans le prolétariat japonais pendant tout le début du 20ème siècle et attendait patiemment son heure dans l’atmosphère libérale du Japon d’après-guerre. En février 1947, les ouvriers japonais étaient prêts à lancer une grève générale dans une tentative de prendre le contrôle des usines. Mais MacArthur les prévint qu’il n’autoriserait pas une telle grève et les syndicats cédèrent, leur faisant perdre la face et apaisant la situation jusqu’à la fin de l’occupation

La réforme de l’éducation

Jusqu’à la fin de la guerre, le système d’éducation japonais était basé sur le système allemand avec des gymnasiums et des universités pour former les élèves après l’école primaire. MacArthur changea le système d’éducation secondaire afin d’incorporer un collège et un lycée comme aux Etats-Unis: le collège devint obligatoire alors que le lycée restait optionnel. Le décret impérial sur l’éducation fut abrogé et le système des universités impériales réorganisé. Même le japonais écrit fut radicalement simplifié: les Toyo Kanji, prédécesseurs des Joyo Kanji actuels, furent sélectionnés et la grammaire fut grandement modifiée.

La purge des criminels de guerre

Jugement du général Tojo

Jugement du général Tojo

Pendant que les reformes étaient mises en place, de nombreux tribunaux militaires, le plus célèbre étant le tribunal militaire international pour l’extrême orient à Ichigaya, jugeaient les criminels de guerre japonais et les condamnaient soit à des peines d’emprisonnement soit à la mort par pendaison. Une fois que les dirigeants furent éliminés, une nouvelle génération d’officiers pu alors prendre le commandement du pays.

La fin de l’occupation

En 1949, MacArthur effectua un changement radical dans la balance des pouvoirs au sein du SCAP qui augmenta grandement le pouvoir des japonais et, comme la situation en Corée requérait de plus en plus son attention (et celle de la Maison Blanche), l’occupation touchait à sa fin. Le traité de paix de San Francisco, promulgué en septembre 1951, marqua la fin de l’occupation et lorsqu’il entra en application le 28 avril 1952, le Japon était de nouveau un état indépendant.

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