Les constitutions japonaises de Meiji à Shinzo Abe

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe a annoncé en mai 2017 qu’il se donnait jusqu’à 2020 pour réviser la constitution du Japon et notamment de modifier l’article 9 par lequel le pays a renoncé à la guerre. Qu’Abe veuille réviser la constitution, ce n’est pas une nouveauté, on sait que depuis le début, dès son passage vite avorté de 12 mois dans la fonction en 2007, il voulait promouvoir un «Beau Japon, utsukushii nippon» enfin libéré des taches et de l’opprobre d’après-guerre. Ce qui est un peu plus surprenant en revanche, c’est la nouvelle urgence de ce changement qui ne semble pas très compatible avec la sérénité qui devrait présider à des changements aussi fondamentaux.

Cette constitution, disent Abe et ses amis, doit être modifiée parce qu’elle ne correspond plus à la réalité puisque de-facto le Japon dispose d’une armée, la troisième du monde, déguisée sous le vocable de Forces d’Auto-Défense. Une autre raison, disent-ils, est que cette constitution a été imposée par les Américains après leur victoire et qu’elle est donc mauvaise. Pour comprendre où Abe et ses amis veulent entraîner le pays, il faut bien sûr savoir comment a été établie la constitution actuelle mais aussi ce qu’était la constitution de Meiji qu’elle a remplacée.

Tomomi Iwakura

Tomomi Iwakura

Une constitution n’était pas vraiment dans les gènes du Japon dont la structure féodale ne connaissait pas le droit. La justice était exercée par les seigneurs féodaux, comme Saint Louis sous son chêne, et pouvait être influencée par toutes sortes de facteurs personnels, émotionnels ou d’intérêts politiques. L’origine de la constitution de Meiji peut être retracée à la mission en Occident qu’effectua Tomomi Iwakura et tout le nouveau gouvernement du Japon entre 1871 et 1873. Le gouvernement de Meiji, composé des principaux chefs féodaux qui avaient mené la révolution contre le Shogounat, n’avait pas trois ans lorsqu’il décida ce voyage destiné d’une part à comprendre le fonctionnement des systèmes politiques et économiques Occidentaux mais aussi de renégocier les traités inégaux signés par son prédécesseur.

Ces traités donnaient aux Occidentaux l’autorité sur les droits de douanes mais surtout ils assuraient à leur ressortissants l’exterritorialité, le fait de ne pas être soumis à la justice japonaise. Autant l’accueil fut chaleureux tant aux Etats-Unis qu’en Europe lorsqu’il s’agissait de montrer et d’expliquer les systèmes économiques et politiques respectifs des pays visités, autant il devint glacial dès que la question de la révision des traités fut abordée. Les interlocuteurs de la mission furent très directs, il n’était pas question de soumettre des Occidentaux à la justice japonaise en l’absence d’un état de droit.

Iwakura qui était parti en mission en habit de cour et en chignon mais en était revenu tondu et en redingote, avait été convaincu de la nécessité d’un droit et cela en commençant par la loi fondamentale d’une constitution. Après qu’il ait perdu ses compagnons de lutte Takayoshi Kido et Toshimichi Okubo le premier par maladie et le deuxième par assassinat, il était devenu le dirigeant de fait du Japon et avait demandé à Hirobumi Ito d’étudier ce qui existait en Europe et de lui faire une proposition de constitution.

Ce fut finalement le modèle prussien qui l’emporta. La France avec un régime républicain ne pouvait servir de référence et en plus elle avait été battue par les Prussiens en 1870. Le régime anglais dans lequel le roi règne mais ne gouverne pas aurait dû être plus proche de la pratique que voulaient instituer les Japonais pour leur empereur mais il était trop compliqué et fondé sur une longue coutume. Quant aux régimes impériaux Russes et Chinois, ils n’avaient pas de constitution.

L'empereur Meiji

L’empereur Meiji

Il faut se souvenir de la manière dont l’empereur du Japon était arrivé à la position devenue la sienne depuis Meiji. Il n’avait pas gagné une bataille politique ou militaire contre le Shogun car Mutsuhito n’avait que quinze ans lorsqu’il monta sur le trône en 1867 et ne pouvait que faire ce qu’on lui demandait. Ce qui était attendu de lui était de permettre l’unité entre deux clans férocement indépendants, Satsuma et Chôshû qui ne supportaient plus la suprématie d’un troisième clan, celui de Tokugawa. Il fallait donc quelqu’un qui soit au-dessus des clans et qui puisse mobiliser sur lui les trésors de loyauté que les samouraï réservaient normalement à leur chefs féodaux.

C’est ainsi que l’empereur fut tiré du rôle rituel où ses ancêtres avaient été confinés depuis l’avènement du shogunat de Kamakura en 1185 et qu’il fut « restauré ». Dans sa définition de fonction, n’entrait pas le fait de gouverner, cela, les membres de la junte dirigeante s’en chargeaient après s’être partagé le pouvoir en coulisse au cours de marchandages obscurs.

La constitution fut promulguée en 1890. Elle devait être acceptable pour les Occidentaux afin de permettre enfin la révision des traités inégaux mais ses rédacteurs l’avaient voulue aussi japonaise que possible et cela était passé inaperçu du reste du monde. Pour arriver à cette fin, toute souveraineté avait été concentrée entre les mains de l’empereur qui pour les besoins de la cause avait été déifié. Le Japon avait vécu de nombreux siècles avec un mélange harmonieux de shintoïsme et de bouddhisme et était parvenu à éliminer toute influence chrétienne au début du XVIIe siècle. Pourtant les révolutionnaires de Meiji avaient été impressionnés par les Occidentaux et en avaient déduit qu’un pays puissant se devait d’avoir une religion nationale, à l’instar du christianisme.

Le shintoïsme fut donc promu à ce rôle aux dépends du bouddhisme et la filiation divine de l’empereur, extraite des vieux grimoires du VIIIe siècle, Kojiki et le Nihon shoki fut inscrite dans la constitution. L’empereur ne faisant qu’un avec son peuple, il n’était pas nécessaire que l’on se préoccupe de ce que dernier pouvait penser, poursuivant en cela la tradition féodale. Le régime était donc constitutionnel mais n’était en rien démocratique. Le pouvoir absolu était dans les mains de la junte au pouvoir qui prenait soin de garder l’empereur sur son piédestal, loin des contraintes de la vie politique.

 

Aritomo Yamagata

Aritomo Yamagata

Si Hirobumi Ito, le rédacteur de la constitution, n’était pas un démocrate, il avait néanmoins laissé tomber le sabre de samouraï au profit de l’habit de politicien, un mouvement que son compatriote de Chôshû, Aritomo Yamagata, n’avait pas suivi. Yamagata était devenu le chef de la nouvelle armée impériale où il se fit connaître pour son sectarisme pro-Chôshû et l’idée importée de Prusse selon laquelle ce n’était pas le peuple qui avait une armée mais l’armée qui avait un peuple. C’est lui qui allait imposer le slogan selon lequel «le devoir est plus lourd qu’une montagne et la mort plus légère qu’une plume» ou que «les soldats devaient épargner au pays la honte d’être capturés vivants en temps de guerre».

Il était l’instigateur de l’Edit Impérial sur l’Education, kyoiku chokugo que tout petit Japonais devait réciter avant-guerre jusqu’à ce qu’il soit interdit par les forces d’occupation américaines et dans lequel il était dit qu’il fallait obéir à l’autorité et donner sa vie pour l’empereur lorsqu’on le leur demanderait. Il avait surtout imposé à Ito le principe dit de tosui selon lequel les armées n’étaient pas rattachées au gouvernement mais directement à l’empereur.

Comme ce dernier n’intervenait pas dans la vie politique, les armées ne répondaient en fait à personne. Pour s’assurer que ce soit bien le cas, Yamagata avait enfin imposé la règle prévoyant que les ministres de l’Armée et de la Marine devaient être des militaires de l’active ce qui permettait aux armées de bloquer la formation d’un gouvernement lorsqu’il ne leur plairait pas. Ils n’allaient pas s’en priver et c’est ainsi que la constitution Meiji était devenue un instrument entre les mains des militaires pour leur permettre de prendre le pouvoir.

 

On comprend donc que MacArthur ait voulu la modifier tout en conservant l’institution impériale qui lui garantissait la paix domestique. C’est pourquoi il avait demandé au premier ministre Kijuro Shidehara d’établir une commission de révision qui fut confiée à un juriste très conservateur, Matsumoto.

L’idée de MacArthur était de créer une monarchie constitutionnelle clairement fondée sur la souveraineté populaire mais il lui apparut rapidement que la commission Matsumoto n’en prenait pas du tout la chemin. Ses membres semblaient avoir pour objectif de trouver le minimum de changement de vocabulaire qui permettrait de laisser intacts les dix-sept premiers articles, ceux qui définissaient le rôle de l’empereur. Ils récusaient par exemple le terme de kokumin, citoyen, au profit de shimin, sujet, et tout à l’avenant.

Douglas Macarthur

Douglas Macarthur

Douglas MacArthur ne pouvait se permettre d’attendre trop longtemps s’il voulait sauvegarder l’institution impériale car les alliés demandaient la tête d’Hiro-Hito. Voyant le bourbier dans lequel s’enfonçait la commission, MacArthur demanda à un groupe de subordonnés sous la direction du général Courtney Whitney d’écrire en 10 jours un projet de constitution en anglais. Aucun des membres de la petite troupe n’était spécialiste du droit constitutionnel et à l’époque, pas question d’aller surfer sur l’internet pour aller se renseigner. Et pourtant ils parvinrent dans les temps à faire un projet dont des copies dactylographiées furent remises à Joji Matsumoto et Yoshida Shigeru venus présenter leur propre projet.

Le document avait trois points principaux, la souveraineté du peuple, le rôle de symbole de l’empereur et le renoncement à la guerre. Ce dernier article avait été suggéré par Shidehara mais celui-ci n’ayant que peu de contrôle sur les travaux de la commission, l’idée n’avait pas été reprise dans le projet japonais. Whitney avait été très clair vis-à-vis de ses interlocuteurs, ils devaient abandonner leur projet et travailler désormais sur celui qui venait de leur être remis. Ils pouvaient en changer la forme mais pas le fond. S’ils ne le faisaient pas le GHQ s’adresserait directement au peuple japonais.

Etait-ce cette menace qui fut décisive? En tous cas Shidehara demanda à Yoshida de reprendre les travaux de la commission sur cette base et la constitution qui fut finalement promulguée fin 1946 respectait les trois principes édictés par l’occupant. Restait une formalité importante, l’avis de l’empereur nécessaire selon la constitution précédente pour toute modification de la loi fondamentale. L’empereur ne fit aucune difficulté et déclara d’emblée qu’il était d’accord pour n’être qu’un symbole. Il avait fait semble-t-il sa révolution personnelle et s’était convaincu que la constitution précédente ne protégeait ni le peuple ni l’institution impériale si le pouvoir tombait aux mains de fonctionnaires aveugles et bornés comme cela avait été le cas avec les militaires.

 

L’article 9 prévoyait que le Japon renonçait au droit à la guerre et n’entretiendrait en conséquences pas de forces armées. Assez rapidement, les Américains regrettèrent cette clause car le Japon étant devenu un allié fidèle ils auraient bien aimé le voir combattre à ses côtés contre la poussée communiste en Asie. Mais même si le Japon avait commencé à reconstituer une armée sous le nom de Forces d’Auto-Défense, il refusait d’entrer dans des accords de défense, ses nouvelles forces devant exclusivement être utilisées à protéger l’archipel contre une attaque directe. L’ensemble du peuple japonais, élevé dans l’idée que la guerre était une catastrophe naturelle et que tout ce qui était militaire était mauvais, était devenu profondément pacifiste.

Nobusuke Kishi

Nobusuke Kishi

La seule personne qui ait tenté de changer les choses fut le premier ministre Nobusuke Kishi, en poste de 1957 à 1960. Kishi était né Sato dans la préfecture de Yamaguchi et avait été donné en adoption à la famille Kishi comme cela se faisait couramment à l’époque. Son jeune frère, Eisaku Sato devint aussi le premier ministre du Japon de 1964 à 1972 mais Kishi était très différent de son frère. Peut-être était-ce dû à ses origines Chôshû, mais le fait est qu’il fut très proche de l’Armée de Terre Impériale et plus spécialement de la tristement célèbre Armée du Kwantung qui le nomma principal responsable économique du Mandchoukuo, l’état fantoche crée par cette dernière en 1931. Plus tard il serait le ministre des Munitions dans le gouvernement Tôjô. Cela lui valut le douteux privilège d’être emprisonné à Sugamo après la guerre comme candidat criminel de guerre de classe A, ces personnes poursuivies pour leur responsabilité dans le déclenchement ou la continuation de la guerre. Heureusement pour lui, le tribunal de Tokyo ne pouvait traiter que 28 accusés à la fois et il fut libéré avec ceux qui n’avaient pas fait partie de la première fournée.

Devenu premier ministre, Kishi avait dépensé beaucoup d’efforts et de crédit politique pour réviser le traité de sécurité Nippo-Américain, avec des manifestations quotidiennes dans la rue, parfois extrêmement violentes. Son but réel était de réviser la constitution, l’article 1 car il voulait donner plus de pouvoir à l’empereur (ici il faut lire à lui-même puisque l’empereur n’est censé ne rien faire) et l’article 9 sur le renoncement à la guerre mais il ne put y parvenir et dut démissionner devant la pression de la rue et de ses opposants au sein du Part Libéral Démocrate. Kishi avait une fille, Yoko, qui épousa un politicien également de Yamaguchi, Abe Shintarô. Ils eurent trois fils, le second étant l’actuel premier ministre Shinzo Abe.

Shinzo Abe

Shinzo Abe

Cette filiation est probablement importante pour comprendre la mission que semble avoir entreprise Abe, celle de rendre au Japon sa fierté d’avant-guerre. La normalisation des Forces d’Auto-Défense, quelque chose qui aurait pu être faite depuis longtemps n’est visiblement qu’une fausse barbe. Il suffisait de voir la jubilation d’Abe lors de son discours après l’obtention des Jeux Olympiques, «Japan is back» pour comprendre que son but était le retour du Japon sur la scène mondiale. Mais quel Japon ? Probablement celui de son grand-père, celui qui descendant des dieux ne pouvait rien faire de mal. Pour cela, il faut pouvoir laver le pays de la souillure de la défaite et effacer de la mémoire des japonais cette vision masochiste de l’histoire selon laquelle le Japon aurait été responsable de la guerre et aurait commis des atrocités dans les pays voisins.

Il faut avouer que dans ce domaine, Abe a connu un certain succès au Japon. Il a muselé la presse avec une loi sur le secret d’Etat où le gouvernement peut définir librement ce qui est secret. Il a décrété sans concertation une nouvelle interprétation de la constitution qui permet les accords de défense et l’utilisation des forces armées même lorsque le Japon n’est pas directement menacé. Il veut maintenant faire passer une loi sur les conspirations qui permet de punir des personnes pour un crime qui n’a pas été commis. Et tout cela sans que sa popularité baisse. Il est vrai que l’opposition a presque disparu comme force politique organisée.

Pourtant le problème pour Abe est que si l’on peut forcer les Japonais à oublier leur histoire, à chanter debout l’hymne national dans les écoles et bien d’autres choses du même genre, c’est beaucoup plus difficile à faire passer dans les pays voisins et la naïveté du gouvernement japonais en la matière est confondante. Le problème le plus récurrent, celui des femmes de réconfort, est très représentatif de la question. Le gouvernement Abe après avoir suggéré que le problème de ces malheureuses avait été exagéré, que le gouvernement n’y était pour rien et qu’on était même pas sûr qu’il ait jamais existé avait fini sous la pression des Etats-Unis par signer un accord avec la Corée selon lequel moyennant finances, la Corée considérait la question réglée de manière définitive et irréversible et s’engageait à faire son possible pour faire enlever la statue érigée pour les victimes en face de l’ambassade du Japon à Séoul.

C’était bien mal connaître les Coréens qui voulaient du remords plus que de l’argent. La seule manière d’arrêter le bruit fait autour de cette malheureuse statue aurait été pour Abe d’aller y déposer des fleurs mais il a choisi d’en exiger le retrait, moralité, les Coréens en ont placé une deuxième identique devant le consulat de Pusan. Abe outré a rappelé son ambassadeur mais cela ne menait nulle part et après plusieurs semaines a dû le renvoyer à son poste. La seule chose à laquelle il soit parvenue est qu’on n’oubliera pas de sitôt les femmes de réconfort ni la manière inepte dont le gouvernement japonais essaie de traiter l’affaire.

Renho

Renho

Pour en revenir au calendrier de 2020, annoncé par Abe pour la réforme constitutionnelle, le premier ministre a tenté de le justifier en disant que les Jeux Olympiques de Tokyo devaient être l’occasion d’un renouveau, d’une renaissance du Japon aux yeux du monde. Renho, la dirigeante du parti d’opposition « Les Démocrates » a dit qu’elle ne parvenait pas à voir le rapport entre la constitution et les Jeux Olympiques et un Abe visiblement exaspéré l’a prise de haut en omettant d’ajouter san à son nom, une attitude méprisante connue sous le nom de yobisute, « jeter le nom ».

Ce n’était pas forcément très avisé et l’arrogance d’Abe commence à inquiéter même à l’intérieur de son propre parti. Il faut être conscient du fait que même si Abe et ses amis révisionnistes du Nihon Kaigi tiennent le haut du pavé dans le PLD ils ne représentent en aucun cas l’opinion générale de ce parti. Les démonstrations qui se suivent dans la rue contre la Loi Anti-conspiration et les déboires de madame Abe qui a malencontreusement soutenu une école ultra-nationaliste ne suffiront vraisemblablement pas à reconstruire l’opposition mais ils peuvent saper l’autorité d’Abe au sein de son propre parti et même peut-être le renvoyer à ses affaires en même temps que ses rêves de retour à une pureté originelle.

Et quant à la question du début, mais qu’est-ce qui a bien pu pousser Aber à se passer ainsi une corde au cou en annonçant dans un délai court une réforme constitutionnelle que pas grand monde ne soutient, les mauvaises langues disent que c’est parce qu’il a promis à sa mère, la redoutable « Godmother » Yoko Kishi, de faire pendant son mandat ce que son grand-père n’avait pu accomplir pendant le sien. On ne peut jurer de rien, mais c’est bien possible.

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Pierre Sevaistre

Pierre Sevaistre réside depuis 40 ans au Japon où il a travaillé pour de grands groupes français et japonais.
Il a profité de la retraite pour entamer une carrière d'auteur avec un premier livre sur l'histoire japonaise suivi d'un deuxième à paraître chez le même éditeur "Les Indes Savantes".

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