Feedback Form
Ce blog est libéré des NOFOLLOW !
levitraCialisZappos
Du royaume du Yamatai Ă  la dynastie du Yamato (II-Ve s.): la politique des kofun (2/2) jan 21
Kofun

Kofun

La structure des kofun

Elle est surĂ©levĂ©e, sur une terrasse essentiellement en terre, entourĂ©e d’un fossĂ©. La tombe, individuelle, se trouve au centre de la masse principale, creusĂ©e par le haut. La fonction de la structure qui prolonge le kofun reste incertaine. S’agit-il d’un lieu qui servait aux cĂ©rĂ©monies mortuaires se dirigeant vers le centre? Une des cĂ©rĂ©monies les plus importantes consistait Ă  exposer le cadavre pour qu’il soit dĂ©pecĂ© par les oiseaux et les vers avant d’enterrer les os (mogari).

Le kofun est entourĂ© de petites statues appelĂ©es haniwa 柮èŒȘ. Ces statues sont Ă  l’origine des tubes chargĂ©s de retenir la terre. Elles sont par la suite dĂ©corĂ©es et prennent forme humaine, ou d’animaux et de maisons. Elles permettent d’étudier l’habillement de l’époque. Les mythes considĂšrent qu’elles servirent Ă  remplacer d’anciens sacrifices, mais il s’agit lĂ  de lĂ©gendes inventĂ©es Ă  une Ă©poque (8Ăšme siĂšcle) oĂč l’on avait oubliĂ© leur signification. Les grands kofun sont entourĂ©s d’un grand fossĂ©: d’abord simple sĂ©paration, il servit par la suite de rĂ©servoir d’irrigation, symbolisant le fait que le roi continue Ă  prodiguer ses bienfaits mĂȘme aprĂšs sa mort.

L’époque des kofun se dĂ©coupe en trois pĂ©riodes :

  • fin 3e ~ deuxiĂšme moitiĂ© du 4Ăšme siĂšcle: apparition de kofun de petite taille dans la rĂ©gion centrale.
  • fin 4e ~ fin 5e: taille maximale des kofun. Le plus grand kofun construit prĂ©sente des dimensions stupĂ©fiantes: 475 m de long pour 30 m de haut, 1.400.000 mÂł de terre sur 300.000 mÂČ de surface, 14.000 haniwa.
  • fin 5e ~ fin 6e: diminution de la taille et du nombre, seul le centre garde des kofun de grande taille. Des formes plus simples apparaissent (chambres funĂ©raires sous de petites collines).

Au dĂ©part, le Yamato n’est qu’une confĂ©dĂ©ration de chefs locaux sous l’égide d’un roi commun chargĂ© de rĂ©gler les conflits (puissance spirituelle et judiciaire). Dans la rĂ©gion de Gunma, Ă  Mitsudera 侉ćŻș (« les trois temples »), une espĂšce de manoir d’un chef local a Ă©tĂ© dĂ©couvert. La rĂ©sidence principale et ses dĂ©pendances sont montĂ©es sur une plate-forme, sĂ©parĂ©e par un fossĂ© du village situĂ© assez loin, Ă  environ un kilomĂštre. La prĂ©sence de traces de grands travaux d’irrigation dĂ©note la mise en place de la riziculture. Ces travaux se font sous la direction des chefs locaux, il n’y a pas de signes probants d’un pouvoir centralisĂ©.

Au 5Ăšme siĂšcle, le pouvoir et l’influence exercĂ©s par le Yamato s’appesantissent: les kofun, de plus en plus grands, nĂ©cessitent des ressources extĂ©rieures Ă  la simple rĂ©gion autour de ces tombes. Les grands greniers retrouvĂ©s Ă  Hoenkaza auraient servi, sinon Ă  la mise en place de stocks pour appuyer des guerres en CorĂ©e, Ă  alimenter les populations utilisĂ©es pour ces grands travaux (kofun et irrigation).

La dynastie du Yamato

Au 5Ăšme siĂšcle, le Japon rĂ©apparaĂźt dans les textes chinois. Le Yamatai a disparu, la place centrale est tenue par l’Etat du Yamato. De 418 Ă  478, cinq chefs envoient des ambassades Ă  la Chine des Song. Le premier, San èźƒ , serait Ă  identifier avec Nintoku ä»ćŸł , le premier roi Ă  partir duquel l’histoire dynastique devient assez sĂ»re. Ce siĂšcle est soumis Ă  de nombreux changements politiques. Les lignĂ©es des chefs locaux sont interrompues Ă  plusieurs reprises. En effet, un peu partout, alors qu’un mĂȘme lignage est enterrĂ© au mĂȘme endroit, les types de tombes changent: les kofun sont remplacĂ©s par des tombes rondes plus simples (chefs dĂ©chus), et apparaissent ailleurs (accession d’une nouvelle famille au commandement). MĂȘme les grandes tombes impĂ©riales se dĂ©placent du Yamato Ă  Kawachi (rĂ©gion d’Osaka). On a pu parler de « cour de Kawachi ».

Nihonshoki

Nihonshoki

En 438, Chin 珍 (identifiĂ© Ă  Hanzei ćæ­Ł) envoie 13 hommes en Chine. En 443, Sei, ou Sai æž… (identifiĂ© Ă  IngyĂŽ ć…æ­), en envoie 23. Ils demandent des titres de commandeurs pour leurs hommes, dans un souci de rapprochement du mode d’administration chinois.
De grandes Ă©pĂ©es ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es dans les tombes. En 1978, dans le kofun Inariyama (dĂ©partement de Saitama), une Ă©pĂ©e gravĂ©e de caractĂšres chinois, et datĂ©e de 471 a Ă©tĂ© dĂ©couverte. Elle a appartenu Ă  Owake no Omi, dont les ancĂȘtres auraient servi pendant huit gĂ©nĂ©rations le Grand Roi (okimi 性王). S’agit-il d’une garde privĂ©e du souverain ? Dans le kofun Edafunayama de la rĂ©gion de Kumamoto, une Ă©pĂ©e similaire indique que l’un des ancĂȘtres de l’individu enterrĂ© Ă©tait fonctionnaire civil (scribe). On assiste Ă  une rĂ©partition traditionnelle chinoise entre fonctionnaires militaires et fonctionnaires civils rĂ©digeant les textes administratifs.
D’aprĂšs le Nihonshoki (æ—„æœŹæ›žçŽ€), le 5Ăšme siĂšcle voit l’arrivĂ©e de spĂ©cialistes venus du continent. Le CorĂ©en Wani 王仁 aurait dĂ©veloppĂ© l’écriture au Japon.

Les fonctionnaires affiliĂ©s au royaume du Yamato portent des titres se terminant tous par hito äșș: fuhito 文äșș , kurahito 怉äșș (chargĂ© des entrepĂŽts), sakahito 酒äșș (chargĂ© de la fabrication du sake), etc. Ce « systĂšme des hito » est organisĂ© au 5Ăšme siĂšcle autour de la personnalitĂ© du Grand Roi. A partir d’une date incertaine, le pouvoir organise les be 郚, sous une forme plus ou moins administrative, d’aprĂšs l’organisation du royaume corĂ©en de Shilla. A l’intĂ©rieur de chaque uji 氏 (clan dominant la vie politique), les be sont des corporations qui regroupent les membres roturiers: paysans, pĂȘcheurs, soldats, artisans, etc.
L’histoire de cette Ă©poque, reconstituĂ©e d’aprĂšs les tĂ©moignages archĂ©ologiques, montre une tentative de centralisation, de contrĂŽle des chefs locaux, pour financer les expĂ©ditions contre les royaumes de CorĂ©e, en particulier sous le roi Bu æ­Š (YĂ»ryaku 雄畄 , fin du 5Ăšme siĂšcle). Ce dĂ©sir d’expansion correspond Ă  une extension maximale de la zone des kofun. Au dĂ©but du 6e siĂšcle, le roi Buretsu 歊烈 , dĂ©crit comme un tyran sanguinaire (la description de ses mĂ©faits est en fait une compilation de textes chinois plus anciens), meurt sans descendance. Le nouveau roi, Keitai 継䜓 , est prĂ©sentĂ© comme le descendant Ă  la cinquiĂšme gĂ©nĂ©ration de Ôjin (pĂšre de Nintoku). On peut douter de la rĂ©alitĂ© de ce fait, cinq gĂ©nĂ©rations Ă©tant la limite au-delĂ  de laquelle un individu est exclu de la famille impĂ©riale.

Moine boudhiste

Moine boudhiste

Conclusion

C’est la fin de l’époque des kofun: ils ne subsistent que dans la rĂ©gion centrale, le Yamato exerçant une autoritĂ© Ă©crasante sur les trois quarts de l’archipel. Ils sont abandonnĂ©s durant le 6Ăšme siĂšcle, y compris par les grandes familles, et sont remplacĂ©s par des chambres funĂ©raires plus simples (enfouies sous des tumuli), mais dĂ©corĂ©es. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette dĂ©saffection. D’abord, les nouvelles tombes apparaissent sous l’influence continentale grandissante. Ensuite, le systĂšme des be entraĂźne l’apparition de cimetiĂšres collectifs entourant les tombes des chefs. Enfin, le clan Soba introduit au 6Ăšme siĂšcle le bouddhisme qui accĂ©lĂšre la disparition des kofun.

Partager et Découvrir :
  • RSS
  • Fuzz
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Scoopeo
  • Google
  • Blinklist France
  • Blogasty
  • BlogMemes Fr
  • Bluegger
  • Bruxello
  • Digg
  • DiggFR.com
  • Digg France
  • Furl
  • Gmiix
  • Humanews
  • Live
  • MisterWong Fr
  • Myggo
  • Netvouz
  • NewsVine
  • Nuouz
  • Pioche
  • Quebec Buzz
  • Reddit France
  • Spurl
  • StumbleUpon
  • Tapemoi
  • Technorati
  • TwitThis
  • Wikio FR
  • YahooMyWeb
  • Yoolink
  • Zapface
  • Zataz

Sur le mĂȘme thĂšme:

  1. Du royaume du Yamatai Ă  la dynastie du Yamato (II-Ve s.): la politique des kofun (1/2)
  2. Politique, Ă©conomie et culture aprĂšs l’occupation amĂ©ricaine

Un commentaire pour “Du royaume du Yamatai Ă  la dynastie du Yamato (II-Ve s.): la politique des kofun (2/2)” »


  1. Pierre | 11 mars 2010   12:26

    TrÚs beau sujet, trÚs détaillé !

    En tout cas, j’ai appris plein de choses que j’ignorai Ă  propos de ces tombes nippones…

    Link

Aucun trackback


Flux RSS des commentaires de cet article. Adresse web de rétrolien

Laisser un commentaire


Les liens des commentaires peuvent être libérés des nofollow.