
Plan d'une ville antique chinoise
Le modĂšle chinois
Lâinfluence du continent sur la formation des premiĂšres villes est indĂ©niable. Les groupements de populations Ă lâĂ©poque Yayoi ne sont pas des villes : le nombre dâhabitants nây est pas assez important, et la majoritĂ© dâentre eux exploitent la terre. Au 5e et 6e siĂšcle, les rĂ©formes et les prĂ©mices dâadministration quâelles installent transforment la ville du grand roi en un centre proto-urbain : on y trouve des fonctionnaires et les membres de la noblesse de cour. Mais il nâexiste pas encore de capitale fixe.
A la fin du 6e siĂšcle, la construction des premiers temples bouddhiques entraĂźne lâintroduction des conceptions urbaines chinoises, et la formation de complexes stables qui polarisent certains Ă©lĂ©ments urbains (marchĂ©s, communautĂ©s monastiques). Le systĂšme de dĂ©mĂ©nagement de la capitale se transforme plus ou moins en occupations cycliques de certains lieux. Fujiwara-kyo est fondĂ©e en 694, juste avant la pĂ©riode Nara. Ses dimensions sont modestes, de 10 Ă 15.000 personnes y vivent. On essaie dây adapter certains modĂšles continentaux, en regroupant autour du palais les activitĂ©s religieuses, administratives et commerciales dans un ensemble symbolisant la puissance de lâEtat.
En Chine, la ville est un Ă©lĂ©ment essentiel. Le « Rituel des Zhou » en Ă©dicte des rĂšgles prĂ©cises dâĂ©dification et de protection. Les dimensions, symboliques, font appel Ă la gĂ©omancie pour reprĂ©senter lâordre du monde. La ville est orientĂ©e selon les points cardinaux et certains Ă©lĂ©ments naturels :
- Ă lâest prĂšs dâune eau courante (point du Dragon bleu) ;
- Ă lâouest prĂšs dâune grande route (le Tigre blanc) ;
- au sud prĂšs dâun Ă©tang (lâoiseau de cinabre, c.-Ă -d. le PhĂ©nix) ;
- au nord prĂšs dâune colline ou dâune montagne (le Genbu, animal mi-tortue mi-serpent).
Il existe aussi une harmonie dans la disposition des bĂątiments. Tous ces prĂ©ceptes sont appliquĂ©s Ă Nara (ancienne Heijo-kyo ćčłćäșŹ) et Ă Heian-kyo ćčłćźäșŹ (actuelle Kyoto), au cours de la pĂ©riode Heian, quitte Ă modifier le paysage (riviĂšre artificielle de Kamogawa (èłèć·) Ă Kyoto, creusement dâun Ă©tang au sud de la ville). Mais on sâinspire aussi de modĂšles concrets, en particulier Changâan (influence majeure) et Luoyang (le caractĂšre luo æŽ, « capitale », peut dĂ©signer Kyoto), qui sont bien plus grandes que les capitales japonaises. Pas contre, les villes japonaises ne sont pas fortifiĂ©es, dans une volontĂ© dâafficher la pacification du pays ?

Plan de l'antique Nara
Structure et fonctionnement de la ville antique
La ville forme un quadrilatĂšre. LâĂ©lĂ©ment principal, le palais impĂ©rial, se trouve au nord. Il sâagit dâune ville en rĂ©duction coupĂ©e du reste de la citĂ© et qui la domine. Les appartements de lâempereur, le dairi (ć èŁ), en forment le cĆur, et sont entourĂ©s de la citĂ© administrative (organes du gouvernement et entrepĂŽts). Du palais part un grand axe nord-sud (avenue suzaku æ±é , « du PhĂ©nix »), qui aboutit au sud Ă la porte de la citĂ© (rashomon çŸ ćé). Cette avenue principale coupe la ville en deux parties : la capitale de droite (ukyo ćłäșŹ) et la capitale de gauche (sakyo ć·ŠäșŹ). Lâorganisation de la ville suit un quadrillage rĂ©gulier en damier (grandes rues oji ć€§è·Ż orientĂ©es nord-sud, et jo æĄ orientĂ©es est-ouest). Ce dĂ©coupage dessine des arrondissements (bo ć), subdivisĂ©s en 16 Ăźlots dâhabitation (cho çș) de 109 m de cĂŽtĂ©. Le cho est la surface allouĂ©e Ă un fonctionnaire. Pour le bas peuple, il comprend 32 terrains individuels. Il est en principe entourĂ© par des murs (pour les fonctionnaires), ou par des haies, qui le sĂ©parent des rues. Celles-ci sont rectilignes, larges et bordĂ©es de fossĂ©s. Elles sont censĂ©es donner une impression de propretĂ© plus que de servir lâĂ©conomie.
Les commerçants de la capitale sont utiles mais restent subalternes. Ils sont lĂ pour approvisionner les nobles et faire fonctionner la ville. Le dĂ©veloppement Ă©conomique nâest pas une prioritĂ©. Avant tout, la capitale est un organe du gouvernement, et a un rĂŽle culturel en Ă©tant le reflet du pays. LâĂ©tablissement des commerçants nâest pas libre : dans le sud de la ville, deux marchĂ©s occupent chacun un cho fermĂ©, symĂ©triques lâun de lâautre par rapport Ă lâavenue centrale. Ces marchĂ©s sont organisĂ©s sur le modĂšle des bazars orientaux donnant lieu Ă des privilĂšges pour commercer, et Ă des autorisations soumises Ă un contrĂŽle trĂšs strict. Ils sont ouverts de midi jusquâau soir, mais en alternance sur un mois : le marchĂ© de lâouest est ouvert jusquâau 15, puis celui de lâest jusquâĂ la fin du mois. Les produits sont classĂ©s en produits communs et rĂ©servĂ©s Ă chaque marchĂ©. Ils font aussi office de lieu dâexĂ©cution des sentences de justice, ou de prĂȘche des moines bouddhiques, et dans une certaine mesure de centres dâinformations. Des marchĂ©s libres et locaux se trouvent Ă lâextĂ©rieur de la ville.
Il sâagit donc essentiellement dâune ville de fonctionnaires et de gouvernement. Câest aussi un centre religieux donnant lieu Ă des fĂȘtes. On a longtemps cru quâelle avait servi de modĂšle pour lâĂ©tablissement des kokufu (ćœćș) , les gouvernements provinciaux: on y trouve autour du palais du gouverneur des fonctionnaires, des entrepĂŽts/greniers, des ateliers, un temple (kokubunji ćœććŻș) ; le kokufu sert de marchĂ© et a un rĂŽle dĂ©fensif marquĂ©, en particulier dans le nord du pays. Quelques-uns ont donnĂ© naissance Ă de vĂ©ritables agglomĂ©rations.
En fait, les fouilles ont beaucoup nuancĂ© ces thĂ©ories : il semble que leur organisation ait Ă©tĂ© subordonnĂ©e au bon vouloir des administrateurs (pas de plan, Ă©lĂ©ments limitĂ©s sans dĂ©veloppement urbain). Dâailleurs, dĂšs que le systĂšme des codes commence Ă pĂ©ricliter, beaucoup de gouvernements provinciaux disparaissent ou sont simplement dĂ©placĂ©s : ce ne sont donc pas des structures proto-urbaines stables qui auraient pu donner naissance Ă de vĂ©ritables villes.

Vue générale de l'antique Kyoto (Heian-kyo)
Les résultats
MalgrĂ© la volontĂ© de construire un maillage urbain, le phĂ©nomĂšne reste limitĂ© aux provinces centrales pendant la pĂ©riode antique. Câest surtout au dĂ©but du moyen-Ăąge que le dĂ©veloppement de centres locaux indĂ©pendants aux mains des grandes familles va donner naissance Ă de nouvelles possibilitĂ©s. On peut noter lâexception du Dazaifu (性柰ćș) , le gouvernement indĂ©pendant du sud, qui est le site actuel de Fukuoka. Il sâagit dâun gouvernement militaire dĂ©diĂ© Ă la dĂ©fense de Kyushu face aux troubles de CorĂ©e, et du centre provincial le plus dĂ©veloppĂ©. Le port de Hakata (ćć€) qui lui correspond connaĂźtra un dĂ©veloppement extrĂȘmement important au moyen-Ăąge.
La ville de Heian, trop grande, se redĂ©ploie vers le nord. Des quartiers se forment autour des monastĂšres. Le commerce se dĂ©gage de la pression dâEtat, de vrais quartiers commerçants se dessinent. La citĂ© moyenĂągeuse Ă©merge progressivement, loin des types continentaux. LâĂ©chec est tout Ă fait relatif, Kyoto reste un modĂšle. Lâabsence de dĂ©veloppement dâun rĂ©seau urbain laisse la place Ă la naissance dâune civilisation urbaine spĂ©cifique.
Source:
Dacodoc
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Belle explication du développement urbain antique et médiéval du japon, merci
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